FIÈVRE APHTEUSE EN OUGANDA : Le pays mise sur la vaccination de masse pour protéger son cheptel

La fièvre aphteuse demeure l’une des principales menaces sanitaires pesant sur les élevages de bétail en Afrique de l’Est. Face à cette maladie virale hautement contagieuse, l’Ouganda s’apprête à franchir une étape majeure en lançant sa première campagne nationale de vaccination de masse.
Prévue entre juillet et août 2026, cette initiative a été annoncée le dimanche 14 juin par Bright Rwamirama, ministre d’État chargé de l’industrie animale. Elle s’inscrit dans une nouvelle stratégie nationale visant à passer d’une gestion réactive des épidémies à un système de contrôle progressif et durable de la maladie.
La campagne de vaccination repose sur un modèle bisannuel, avec deux cycles par an afin d’améliorer la couverture vaccinale et de réduire la circulation du virus sur le territoire. Elle s’appuie sur un partage des responsabilités entre l’État et les éleveurs. Le gouvernement assure la fourniture des vaccins, la logistique, la chaîne du froid et la supervision vétérinaire, tandis que les éleveurs contribuent financièrement à travers une redevance subventionnée.
Les coûts sont fixés à 8 000 shillings (2,13 dollars) par dose pour les bovins et les porcs, et à 4 000 shillings (1,06 dollar) pour les chèvres et les moutons. L’accès à la campagne sera conditionné à l’enregistrement des éleveurs dans une base de données nationale, un dispositif destiné à renforcer le suivi sanitaire du cheptel.
Selon les autorités, environ 45,5 millions d’animaux seront ciblés, dont 16,5 millions de bovins, 17,4 millions de chèvres, 4,5 millions de moutons et près de huit millions de porcs. La fièvre aphteuse, bien que rarement mortelle chez les animaux adultes, entraîne d’importantes pertes économiques liées à la baisse de production, aux troubles de reproduction et aux restrictions commerciales.
En Ouganda, la maladie connaît une recrudescence ces dernières années. Selon la FAO, plus de 40 districts ont signalé des foyers en 2023, avec des cas persistants en 2024 et 2025. Au niveau régional, les pays d’Afrique de l’Est ont adopté en décembre 2025 un cadre stratégique de lutte contre la maladie pour la période 2026-2035, visant à harmoniser la surveillance, la vaccination et la coopération transfrontalière.
Parallèlement, l’Afrique australe fait également face à une résurgence de la fièvre aphteuse depuis le début de l’année 2026, confirmant l’ampleur continentale du défi sanitaire.
Moudachirou ALIOU




