PRODUCTIVITÉ AGRICOLE ET PROTECTION SOCIALE : Un nouveau modèle en expérimentation au Bénin.

Le gouvernement béninois lance, de septembre à décembre 2026 dans le Sud du pays, une phase pilote visant à associer productivité agricole et protection sociale au profit de 2 000 producteurs de maïs répartis dans 34 villages de 14 communes et six départements. Entériné en conseil des ministres, ce mercredi 2 septembre 2026, il sera mis en œuvre par le Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (Maep). Le projet entend expérimenter, en conditions réelles d’exploitation, un modèle permettant d’améliorer durablement la productivité, de sécuriser les revenus et de renforcer la protection sociale des ménages ruraux.
Pour préparer la mise en œuvre de cette initiative, des conseillers et techniciens agricoles ont été formés et immergés dans les réalités du terrain les 28 et 29 août 2026 à Kétou et Lokossa. Les participants des communes relevant de l’ATDA du pôle 6 ont été formés à Kétou, tandis que ceux des pôles 4, 5 et 7 ont pris part à la session de Lokossa.
Ces formations ont porté notamment sur les rôles, missions et responsabilités des conseillers agricoles, appelés à assurer l’accompagnement de proximité des bénéficiaires. L’objectif est de disposer d’agents capables d’apporter aux producteurs un appui technique adapté aux réalités de leurs exploitations.
Pour Patrice Parfait Sèwadé, président du Réseau National des ONG actives dans l’Agriculture Durable (Renova), structure apportant un appui technique au Maep, la signature des lettres d’engagement, de mise à disposition et des documents de contractualisation marque une étape importante dans le déploiement du projet.
Le dispositif prévoit un paquet intégré de services agricoles et sociaux. Les producteurs ciblés bénéficieront notamment de semences hybrides à haut rendement, d’engrais spécifiques ( Npk et Urée), de prestations de mécanisation, de chaux agricole et d’un accompagnement technique de proximité. À tous ces appuis agricoles s’ajouteront une assurance maladie, un mécanisme d’épargne et un dispositif de prévoyance-retraite adaptés aux revenus saisonniers des exploitants.
L’une des principales innovations du projet concerne le mode de financement de la protection sociale. Les contributions ne seront pas payées périodiquement par les producteurs. Elles seront directement prélevées au moment de la commercialisation de la récolte. Les recettes issues de la production serviront ainsi à couvrir simultanément le revenu du producteur, le remboursement des intrants et services reçus et l’alimentation des mécanismes d’épargne, de santé et de retraite.
À travers cette phase pilote, prévue de septembre à décembre 2026 dans les départements du Plateau, Couffo, Atlantique, Mono, Ouémé et Zou, le gouvernement entend tester un modèle susceptible de répondre à un double enjeu, améliorer durablement les performances des exploitations agricoles tout en renforçant la sécurité économique et sociale des ménages producteurs.
Nadjahatou BAGUIRI




