CAMPAGNE 2026-2027 : Le mécanisme de commercialisation du soja prévalidé

L’Interprofession Soja du Bénin (I-SOJA) a franchi une nouvelle étape dans l’organisation de la campagne de commercialisation 2026-2027.
Réunis le 24 septembre 2026, les acteurs de la filière ont procédé à la prévalidation du mécanisme destiné à mieux structurer, sécuriser et tracer les opérations de commercialisation du soja grain produit au Bénin.
Présidée par le président de l’I-SOJA, Djibrila Afatiti, avec l’appui du secrétaire permanent, Hassane Ibrahim N’Guatado, la séance a permis aux différentes familles d’acteurs d’examiner le dispositif proposé et d’y apporter des amendements. L’objectif est de clarifier les règles de transaction, d’améliorer la traçabilité des flux et de garantir un approvisionnement régulier des unités locales de transformation.
Cette organisation prend une importance particulière au regard des volumes attendus pour la prochaine campagne. Les prévisions présentées au cours de la rencontre tablent sur une production nationale de 858 590 tonnes. Face à cette offre, les capacités industrielles annoncées atteignent 705 000 tonnes, tandis que les besoins exprimés par 16 unités industrielles et la transformation artisanale regroupée au sein de l’UNCTS sont estimés à 558 500 tonnes.
Le seuil de 450 000 tonnes constitue par ailleurs la référence retenue par le gouvernement pour le déclenchement de la prime exceptionnelle de 10 FCFA par kilogramme annoncée au profit des producteurs. Ce volume correspond à l’objectif de sécurisation de l’approvisionnement des usines locales et ne représente pas un tonnage supplémentaire destiné à l’exportation.
Le mécanisme prévalidé repose sur plusieurs outils destinés à rendre les opérations vérifiables. Il prévoit notamment la confirmation des besoins des transformateurs, l’agrément des commerçants, la mobilisation du soja dans les points de regroupement et le contrôle du poids et de la qualité à l’aide de bascules certifiées. Les transactions devront également être documentées à travers des bons d’achat, des fiches de convoyage dotées de QR code, le marquage des sacs et des bordereaux de réception. Un tableau de bord partagé permettra de suivre les volumes collectés et livrés des zones de production aux unités de transformation.
Les travaux en groupes ont également débouché sur plusieurs propositions, dont la mise à l’échelle d’une expérience de traçabilité développée avec l’appui de la SNV dans l’Alibori et l’Atacora, avec un objectif de 150 000 tonnes de soja traçable à partir de huit magasins témoins. Les participants ont aussi insisté sur la contractualisation avec les industriels et sur un système d’agrément des commerçants tenant compte de leurs capacités financières et logistiques.
Prévalidé sous réserve de l’intégration des amendements formulés, le document sera transmis aux ministères concernés avant sa présentation à l’atelier national de validation prévu en octobre 2026.
Moudachirou ALIOU




