KPATO HABIB ADJAKOU SAGUI : quand la passion du maraîchage devient un métier

À Natitingou, dans le quartier Boriyouré, Kpato Habib Adjakou Sagui a choisi de faire du maraîchage un véritable métier. Producteur maraîcher, il s’est spécialisé dans la production de légumes avec l’ambition de proposer des produits sains et de vivre de son activité. Pour lui, le maraîchage est une activité professionnelle qui demande des connaissances techniques, de la persévérance et une bonne organisation, mais qui peut aussi permettre de générer des revenus et de créer de l’emploi.
Depuis son enfance, Kpato Habib Adjakou Sagui dit être attiré par l’agriculture, particulièrement par les légumes, les fruits et tout ce qui touche au jardin et au maraîchage. Cette passion l’a progressivement conduit à choisir cette activité afin de vivre son rêve et de produire lui-même ce qu’il consomme.
« Je suis passionné de l’agriculture et je suis passionné aussi plus des produits légumineux, les fruits et tout ce qui a trait au jardin, au maraîchage. Je suis quelqu’un qui est passionné de cela depuis l’enfance », explique-t-il.
Au-delà de la passion, c’est également le contact direct avec la production qui l’a attiré. De la pépinière à l’entretien des cultures, jusqu’à la récolte, il apprécie de pouvoir suivre l’évolution des plants et d’en voir les résultats. Cette proximité avec la production constitue pour lui une importante source de motivation.
« Ce qui m’a motivé dans ce domaine est la production personnelle. c’est le fait de produire et d’être là depuis le début, c’est-à-dire de la pépinière jusqu’à l’entretien, puis les récoltes », raconte-t-il.
Pour Kpato Habib Adjakou Sagui, le maraîchage ne consiste toutefois pas simplement à planter des légumes. Il s’agit d’une activité agricole professionnelle et technique qui nécessite une bonne maîtrise des itinéraires techniques. Celui qui souhaite s’y lancer doit donc, selon lui, disposer d’un minimum de connaissances avant de commencer.
« Le maraîchage est une activité agricole professionnelle spécialisée dans la production des légumes qui peut devenir très rentable si on s’organise très bien », souligne-t-il.
La maîtrise des techniques de production est ainsi au cœur de sa conception du métier. Selon lui, lorsqu’un producteur connaît les différentes étapes de production et sait les appliquer, il peut obtenir de bons rendements, même sur de petites superficies. Cette particularité constitue, à ses yeux, l’un des avantages du maraîchage.
Cette activité lui a également permis de gagner progressivement son indépendance. Les revenus issus de son travail lui permettent de se nourrir, de soutenir sa famille et de réaliser plusieurs de ses projets.
« J’arrive à me nourrir, à nourrir ma famille et cela me permet d’être indépendant, cela me permet vraiment d’être indépendant », affirme-t-il.
Le maraîchage lui a aussi permis de créer de l’auto-emploi. Des jeunes travaillent à ses côtés et sont rémunérés pour leurs activités. Pour lui, cette possibilité montre que le maraîchage peut aller au-delà de l’emploi individuel et contribuer à créer des opportunités pour d’autres personnes.
« Cela a aussi permis de créer de l’auto-emploi. J’ai des jeunes qui travaillent et qui sont rémunérés à la fin de leurs activités », explique-t-il.
Mais le parcours n’a pas été sans difficultés. Les attaques des cultures figurent parmi les principales contraintes auxquelles il a été confronté. Il évoque également les difficultés d’approvisionnement en semences, les périodes de pénurie et les contraintes liées au traitement des cultures.
Les conditions climatiques représentent également un défi important. Pendant la saison des pluies, le débordement des marigots peut entraîner des dégâts dans les exploitations et emporter du matériel. Les animaux de pâturage peuvent aussi pénétrer dans les champs et détruire les cultures.
« Le plus grand des défis que nous rencontrons en maraîchage, et cela va aussi à l’endroit de ceux qui travaillent au niveau des cours d’eau, le débordement des marigots à des moments donnés pendant les saisons pluvieuses qui emportent le matériel », explique-t-il.
Ces difficultés ne l’ont toutefois pas empêché de poursuivre son activité. Comme dans tout domaine, il estime que les obstacles font partie du parcours. Avec le temps, il dit avoir trouvé des solutions pour mieux les gérer et continuer à évoluer.
Cette volonté de progresser reste présente dans son parcours. Même après avoir atteint plusieurs de ses objectifs, il affirme continuer à apprendre et à chercher de nouvelles façons d’améliorer son activité.
« Je continue toujours d’innover, d’apprendre, de pousser les limites dans la connaissance », affirme-t-il.
La qualité des produits occupe également une place importante dans sa vision. Kpato Habib Adjakou Sagui souhaite produire des aliments frais et sains et ambitionne de devenir un maraîcher reconnu pour la qualité de ses productions.
« Mes attentes en choisissant cette spécialité est de réaliser le plus grand de mes rêves qui est d’être un maraîcher connu de tous, d’être un maraîcher qui pourra produire des produits sains, des produits bio, des produits qui seront prêts à être consommés de façon naturelle », confie-t-il.
Pour lui, produire ne suffit cependant pas. Il faut également tenir compte des besoins des consommateurs et adapter le choix des cultures à la demande de chaque localité. Lorsque les cultures répondent aux besoins du marché, le producteur peut mieux écouler sa production et développer son activité.
C’est aussi pourquoi il considère le maraîchage comme un domaine d’avenir. Il estime que les jeunes peuvent y trouver une source de revenus et d’indépendance, à condition de s’y préparer sérieusement. Il déconseille notamment de se lancer uniquement parce que l’activité semble rentable chez les autres.
Pour commencer, il estime qu’il est possible de choisir une seule culture et de progresser progressivement. Avec les premières économies et l’expérience acquise, le producteur peut ensuite diversifier ses cultures et développer son exploitation.
« Si on a le courage, on a la force physique, on a la détermination et on a l’expérience, même avec un peu de moyens, nous pouvions déjà démarrer avec une seule culture et au fil du temps, après avoir fait des petites économies, diversifier sa production », conseille-t-il.
Aux jeunes qui souhaitent entreprendre, son message est donc celui de la persévérance. Il les invite à croire en leurs projets, à acquérir les connaissances nécessaires et à ne pas abandonner face aux premières difficultés.
« Il faut foncer tout en ayant le minimum de connaissances dans le domaine dans lequel nous voulons nous lancer », recommande-t-il.
Aujourd’hui, Kpato Habib Adjakou Sagui considère avoir atteint plusieurs des objectifs qu’il s’était fixés au début de son parcours. Son activité lui procure des revenus, lui permet de prendre en charge sa famille et lui a permis de réaliser des projets. Elle lui a également donné la possibilité de créer de l’emploi autour de lui.
Mais il ne compte pas s’arrêter à ces acquis. Il veut continuer à apprendre, à innover et à améliorer ses pratiques. Son ambition reste de produire davantage tout en maintenant la qualité des produits proposés aux consommateurs.
À travers son parcours, Kpato Habib Adjakou Sagui veut montrer que le maraîchage peut être un véritable métier et non une activité secondaire. De la pépinière à la récolte, il a choisi de vivre de sa passion et de faire de la production agricole un moyen de construire son indépendance, de soutenir sa famille et de créer des opportunités pour d’autres jeunes.
Nadjahatou Baguiri




