ÉTAT DU SYSTÈME SEMENCIER DU BÉNIN : Un hub africain en construction

Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a entamé le mardi 14 juillet une tournée nationale d’évaluation du système semencier béninois. Prévue pour durer jusqu’au 16 juillet 2026, cette mission vise à dresser un état des lieux de la production de semences au Bénin et à identifier les réformes nécessaires pour faire du pays un hub semencier en Afrique, tout en mettant à la disposition des producteurs des semences de meilleure qualité.
La première étape de cette tournée s’est déroulée à l’Institut international d’agriculture tropicale (Iita) à Abomey-Calavi, où le ministre a échangé avec les chercheurs du World Vegetable Center.
Au cours de la visite, le directeur régional du World Vegetable Center Malick Niango Ba a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner le gouvernement béninois. « Il y a certaines cultures sur lesquelles il est possible de produire des semences localement. Le Bénin peut se positionner sur des cultures phares et, au niveau du World Vegetable Center, nous sommes entièrement à la disposition du ministère et de ses structures techniques pour accompagner le gouvernement à atteindre ses objectifs », a-t-il déclaré.
Le ministre Adin Yeton Bloukounon Goubalan a insisté sur l’importance stratégique des semences dans la transformation de l’agriculture béninoise. « Nous sommes convaincus que la technologie semencière peut réellement nous aider à régler le problème de l’extrême pauvreté. Une chose est d’être agriculteur ou agricultrice, une autre est de bénéficier des fruits de son travail. Malheureusement, nos producteurs n’en bénéficient pas toujours », a-t-il affirmé.
Évoquant la filière tomate par exemple, le ministre a déploré les importantes pertes post-récolte, estimant que des semences plus performantes pourraient améliorer la qualité et la conservation des productions.
Les chercheurs ont présenté les résultats des travaux menés ces dernières années. Judith Hounfongan Faton a expliqué que « nous avons des variétés améliorées, résistantes à certaines maladies et à grande productivité, testées en milieu paysan avec les producteurs et sélectionnées en tenant compte de leurs besoins ».
Dans le même sens, Mathieu Ayéna a précisé que « ces variétés ont suivi toutes les étapes d’évaluation, de la sélection participative avec les producteurs jusqu’aux tests d’enregistrement. Elles sont inscrites au répertoire officiel et approuvées pour être multipliées au Bénin ».
À travers cette tournée qui conduira la délégation ministérielle à Porto-Novo, Dangbo, Covè, Dassa-Zoumé, Glazoué, N’Dali, Bembèrèkè et Parakou, le gouvernement entend recueillir les préoccupations des différents acteurs du secteur et accélérer les réformes nécessaires pour mettre durablement des semences de qualité à la disposition des producteurs, condition essentielle pour améliorer la productivité agricole et renforcer la sécurité alimentaire.
Nadjahatou BAGUIRI




