TRANSFORMATION DE L’AGRICULTURE BÉNINOISE : La recherche mise sur les bio-intrants

La recherche de solutions agricoles plus durables occupe une place croissante dans les stratégies de développement du secteur au Bénin. À Abomey-Calavi, l’Institut national de recherches agricoles du Bénin (INRAB), en collaboration avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), accueille du 19 octobre 2026 un atelier international consacré à l’accélération de la production et de l’utilisation des bio-intrants en Afrique. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de coopération Sud-Sud visant à favoriser le développement et la diffusion de solutions adaptées aux besoins des systèmes de production agricoles.
Au cœur de cette initiative figure la place des bio-intrants dans l’amélioration de la productivité agricole. Ces produits, notamment les biofertilisants et certains produits biologiques de protection des cultures, peuvent contribuer à améliorer la fertilité des sols et à réduire la dépendance à certains intrants conventionnels. Leur développement représente ainsi une piste pour les producteurs confrontés à la dégradation des terres, à la hausse des coûts de production et aux effets des changements climatiques.
Au Bénin, les enjeux sont particulièrement importants. Dans une publication consacrée aux engrais biologiques, le FIDA souligne que plus d’un tiers de la superficie du pays, soit plus de 4,3 millions d’hectares, est dégradé. La faible teneur en matière organique de certains sols limite leur capacité à retenir l’eau et favorise leur érosion, avec des conséquences sur les rendements agricoles.
Les bio-intrants peuvent donc ouvrir des perspectives pour l’agriculture béninoise, à condition de réunir les moyens nécessaires à leur production et à leur diffusion. Toutefois, leur adoption à grande échelle dépend aussi de leur efficacité selon les cultures et les types de sols, de leur prix, de leur disponibilité et de la confiance que leur accordent les producteurs. La qualité des produits et le respect des exigences d’homologation constituent également des enjeux importants pour structurer durablement ce marché.
Cet atelier offre un cadre d’échanges scientifiques et techniques autour de la production et de l’utilisation de ces solutions. Pour l’INRAB et ses partenaires, l’enjeu est de rapprocher davantage la recherche des réalités agricoles et de favoriser la circulation des connaissances entre les acteurs concernés. Les retombées concrètes de cette rencontre devront néanmoins être appréciées à partir des recommandations formulées, des technologies effectivement diffusées et des dispositifs mis en place pour accompagner les producteurs.
Au-delà des échanges entre chercheurs et partenaires, la réussite de cette démarche se mesurera à sa capacité à rendre les bio-intrants accessibles aux exploitations agricoles, notamment aux petits producteurs. Leur utilisation ne pourra contribuer durablement à la productivité que si elle s’accompagne d’un conseil technique adapté, d’un approvisionnement régulier et de résultats vérifiables sur les rendements et la santé des sols.
Moudachirou ALIOU
Des initiatives locales illustrent au Bénin, le potentiel de solutions fondées sur la valorisation des ressources disponibles. Dans le sud, l’entreprise Agro-Éco Services transforme notamment des déchets organiques à l’aide de larves de mouches soldats noires pour produire un engrais biologique. D’après le FIDA, avec l’appui du Projet d’appui au développement du maraîchage (PADMAR), la production de cette entreprise est passée de deux tonnes d’engrais par mois à 50 tonnes. Le projet lui a également permis de renforcer ses équipements, ses moyens de transport et ses compétences en gestion.
M.A




