PASTORALISME EN AFRIQUE DE L’OUEST ET AU SAHEL : Le PRADEP-AOS veut en faire un moteur de développement

Le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) a officiellement lancé, le 9 juillet 2026 à Lomé (Togo), le Programme régional de développement de l’économie pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRADEP-AOS). Ce programme ambitionne de faire du pastoralisme un véritable levier de croissance économique, de sécurité alimentaire et d’intégration régionale dans treize pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel.
Le pastoralisme occupe une place stratégique dans les économies de la région. Il contribue à hauteur de 36 % du produit intérieur brut (PIB) agricole dans les pays sahéliens et de 15 % dans les pays côtiers. L’Afrique de l’Ouest et le Sahel disposent en outre d’un cheptel estimé à plus de 520 millions de têtes de bétail. Malgré ces ressources considérables, la région demeure fortement dépendante des importations de viande et de produits laitiers pour satisfaire une demande en constante progression.
Cette situation résulte de multiples contraintes qui limitent le développement du secteur. Les effets du changement climatique, la recrudescence des conflits autour de l’accès aux ressources naturelles, les maladies animales transfrontalières, l’insécurité persistante ainsi que les difficultés liées à la mobilité pastorale continuent de freiner la valorisation du potentiel d’élevage.
À travers le PRADEP-AOS, les partenaires entendent relever ces défis en renforçant la gouvernance des ressources naturelles transfrontalières, les dispositifs de santé animale, la compétitivité des chaînes de valeur pastorales ainsi que les cadres réglementaires encadrant la transhumance et le commerce du bétail. Doté d’un financement de 60 millions d’euros sur une période de cinq ans, le programme s’appuie notamment sur trois grands couloirs pastoraux destinés à sécuriser les déplacements des troupeaux, prévenir les conflits entre usagers des ressources naturelles et favoriser les échanges commerciaux entre les États. Une attention particulière sera également accordée à l’inclusion des femmes et des jeunes, considérés comme des acteurs essentiels de la transformation durable du secteur.
Moudachirou ALIOU




