CONFLITS AGRO-PASTORAUX : la CNA-Bénin intensifie la sensibilisation

La cohabitation entre agriculteurs et éleveurs génère bien des tensions aux conséquences parfois lourdes. Pour prévenir l’escalade des conflits, la Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin (CNA-Bénin) mène depuis quelques jours une campagne de sensibilisation sur les règles qui encadrent le pastoralisme et la transhumance.
À Sinendé, Bembèrèkè et Ouessè, les équipes de la CNA-Bénin étaient à pied d’œuvre. Leur mission : aller à la rencontre des acteurs du monde rural pour expliquer les textes législatifs et réglementaires qui régissent l’agro-pastoralisme et la transhumance au Bénin.
Lois, décrets et arrêtés ont ainsi été passés en revue afin de permettre aux agriculteurs et aux éleveurs de mieux connaître leurs droits, mais aussi leurs obligations.
Cette initiative a bénéficié de l’implication des préfectures et des Directions départementales de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche des Collines et du Borgou. La participation des présidents des Assemblées consulaires départementales a également contribué à renforcer le dialogue avec les acteurs locaux.
Les chiffres présentés au cours des échanges par la CNA-Bénin témoignent de l’urgence de la démarche. Dans le Borgou, «66 conflits agro-pastoraux ont été officiellement enregistrés entre le 1er janvier et le 2 août 2026. Parmi eux, seuls 13 ont été réglés à l’amiable. Ces affrontements ont entraîné la destruction de 8,8 hectares de cultures, la perte de 20,014 tonnes de récoltes et la mort de 106 animaux. Les dommages économiques sont estimés à environ 60 millions de francs CFA pour les deux parties», de source proche de la Chambre nationale d’agriculture du Bénin.
Au-delà des pertes matérielles, ces conflits fragilisent les relations entre communautés rurales et peuvent compromettre les efforts en faveur de la sécurité alimentaire. Pour la CNA-Bénin, «la prévention passe donc par une meilleure connaissance des règles, mais aussi par le dialogue et la recherche de solutions concertées.»
Les participants à ces journées de sensibilisation ont salué la démarche, exprimant leur satisfaction.
« C’est la première fois que je participe à une explication du processus de mise en place d’un couloir de passage, de façon aussi détaillée. Vous savez que c’est souvent ça qui est source de tension entre agriculteurs et éleveurs », se réjouit Faroukou Boubaka, agro-éleveur.
« Quand je vais rentrer, je vais réunir les femmes pour leur expliquer ce que j’ai appris ici », promet Aïssatou Farougou, représentante du groupement des femmes agricultrices à la séance à Bembèrèkè.
La campagne se poursuivra dans d’autres communes. L’ambition étant de prévenir les tensions avant qu’elles ne dégénèrent et de favoriser une cohabitation pacifique entre agriculteurs et éleveurs, deux catégories d’acteurs indispensables au développement du secteur agricole et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle du Bénin.
Moudachirou ALIOU




