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CHUTE DES COÛTS MONDIAUX DU CACAO : Le régulateur ivoirien envisage un rachat massif de fèves

Pilier central de l’économie ivoirienne, le cacao contribue à hauteur de 15 à 20 % au produit intérieur brut. Mais depuis près d’un an, l’effondrement des prix mondiaux fragilise les acteurs de la commercialisation extérieure, poussant les autorités à envisager une intervention d’urgence.

Selon des informations rapportées le lundi 15 décembre par Bloomberg, le Conseil Café-Cacao (CCC) en Côte d’Ivoire aurait obtenu l’aval du gouvernement pour racheter environ 200 000 tonnes de cacao directement auprès des producteurs. Une mesure exceptionnelle destinée à prévenir un risque de défaut de paiement des exportateurs, confrontés à une conjoncture défavorable.

Les cours internationaux de l’or brun évoluent actuellement légèrement au-dessus de 6 000 dollars la tonne, soit près de deux fois moins qu’un an plus tôt. Cette baisse s’explique par les anticipations d’un redressement de l’offre mondiale et la perspective d’un excédent sur la campagne 2024/2025. Dans ce contexte, plusieurs exportateurs ayant contracté des engagements à des prix plus élevés peinent à honorer leurs obligations financières.

La situation a provoqué, ces dernières semaines, une accumulation inhabituelle de fèves dans les ports de San Pedro et d’Abidjan. D’après les données compilées par Bloomberg, les arrivées hebdomadaires de cacao ont atteint ou dépassé 100 000 tonnes durant les quatre semaines de novembre, un niveau sensiblement supérieur à celui observé sur la même période au cours des deux campagnes précédentes.

Toujours selon l’agence économique, le CCC a rencontré, le 11 décembre, les représentants d’une douzaine d’entreprises considérées comme à risque. Les éventuels achats de fèves pourraient être réalisés par l’intermédiaire de Transcao-CI, la filiale du régulateur créée en février 2019, détenue majoritairement par l’État ivoirien et à 25 % par le groupe malaisien Guan Chong Berhad.

Si elle se confirme, cette opération rappellerait le précédent de la campagne 2016/2017, marquée par une intervention coûteuse du régulateur. À l’époque, la hausse inattendue du prix payé aux producteurs, décidée à la veille de l’ouverture de la saison, avait pris de court plusieurs exportateurs déjà affaiblis par la chute des cours et la frilosité des banques à renforcer leurs lignes de crédit. La crise avait débouché sur des défauts de paiement portant sur près de 350 000 tonnes de cacao et entraîné pour le CCC des pertes estimées à plus de 200 milliards de francs CFA.

Moudachirou ALIOU

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