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MARAICHAGE EN PÉRIODE D’HARMATTAN : Les légumes feuilles, ces cultures qui résistent au vent sec

Lorsque l’harmattan souffle de fin novembre à mars au nord Bénin, le maraîchage change de visage. Le vent sec et poussiéreux, associé à la fraîcheur, rend la production agricole plus contraignante. Pourtant, dans les périmètres maraîchers, certaines plantes continuent de s’imposer, défiant les conditions climatiques de la contre-saison froide.

Dans les champs encore verts de certaines localités du Borgou et de l’Alibori, les légumes-feuilles dominent largement. À Tounré, le maraîcher Bozari Abdel Kader explique que ces cultures supportent mieux l’harmattan. « Les plantes dont on consomme uniquement les feuilles n’ont généralement pas de problème pendant cette période », indique-t-il. Contrairement aux cultures à fruits, elles ne dépendent pas de la floraison, fortement perturbée par le froid sec.
Parmi les espèces les plus visibles figurent les amarantes. Présentes sur de nombreuses planches, elles constituent l’une des principales productions maraîchères pendant l’harmattan. Leur cycle rapide et leur tolérance aux conditions climatiques en font une culture privilégiée lorsque les températures baissent. Autre plante emblématique de la saison : la grande morelle, connue localement sous le nom de gboman. Cette culture feuillue reste active même lorsque d’autres spéculations disparaissent des champs. « Le gboman fait partie des légumes qui ne sont pas contraignants en harmattan », précise Bozari Kader. Dans plusieurs zones de production, il devient une alternative quasi incontournable.
À wansirou dans commune de Parakou, le producteur Bawa Salami fait le même constat. Dans son exploitation, les cultures à fruits ont laissé place aux légumes-feuilles. « En cette période, ce sont surtout les amarantes ,le gboman, et le vernoria, qu’on retrouve dans les champs. Ce sont les plantes qui tiennent le coup face à l’harmattan », affirme-t-il. Ces choix culturaux traduisent une adaptation progressive des maraîchers à la saison.
Alors que d’autres cultures fruitières deviennent rares, les légumes-feuilles assurent la continuité de la production et l’approvisionnement des marchés. Malgré la rudesse de l’harmattan, le maraîchage ne s’arrête pas totalement. Il se concentre sur quelques plantes bien identifiées, capables de traverser la contre-saison froide, de maintenir la verdure dans les exploitations et de continuer par nourrir les populations.

Nadjahatou BAGUIRI

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