TANZANIE : Un investissement massif pour accélérer l’irrigation agricole

En Tanzanie, l’agriculture demeure un pilier de l’économie nationale. Le secteur contribue à hauteur de 23 % au produit intérieur brut et fait vivre près de 65 % de la population active. Mais cette agriculture reste encore largement tributaire des pluies, une dépendance que le gouvernement entend progressivement réduire en misant sur l’extension des infrastructures d’irrigation.
Dans cette dynamique, le ministère tanzanien de l’Agriculture a procédé, le 29 janvier 2026, à la remise d’un important lot d’équipements à la Commission nationale de l’irrigation (National Irrigation Commission – NIRC). D’une valeur globale de 23,4 milliards de shillings tanzaniens, soit environ 9 millions de dollars, ces acquisitions visent à accélérer la mise en œuvre des projets d’irrigation à travers le pays.
Selon les informations diffusées par la presse locale, le matériel réceptionné comprend 19 foreuses lourdes capables d’atteindre des profondeurs comprises entre 300 et 1 800 mètres, 17 véhicules destinés au transport des équipements, deux remorques ainsi que 23 motocyclettes. Ces moyens logistiques doivent renforcer les capacités opérationnelles de la NIRC, notamment pour les travaux de forage et de déploiement rapide sur le terrain.
Cet appui intervient alors que Dodoma s’est fixé des objectifs ambitieux pour l’exercice budgétaire 2025-2026. Les autorités prévoient le forage de 500 puits d’irrigation répartis dans 178 districts du pays. Cette opération s’inscrit dans un programme plus large visant à irriguer 30 393 hectares de terres agricoles, au bénéfice direct de 58 900 producteurs.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre de l’Agriculture, Daniel Chongolo, a précisé que ces acquisitions ont été financées sur le budget de développement consacré à l’irrigation, lequel s’élève à 308,7 milliards de shillings tanzaniens (environ 120,6 millions de dollars) pour l’exercice 2025-2026. Le responsable gouvernemental a assuré que son département veillera à un suivi rigoureux de la mobilisation des ressources afin de garantir l’achèvement des projets dans les délais prévus.
Au-delà des actions à court terme, ces investissements s’inscrivent dans la stratégie nationale de développement de l’irrigation. Dans le cadre de son plan quinquennal adopté en 2022, la NIRC ambitionne de plus que doubler les superficies irriguées du pays pour atteindre 1,67 million d’hectares à l’horizon 2028. Une trajectoire qui traduit la volonté des autorités de sécuriser durablement la production agricole face aux aléas climatiques.
Cependant, ce cap reste encore en deçà du potentiel réel de la Tanzanie. Les données officielles estiment à 29,4 millions d’hectares le potentiel total de développement de l’irrigation dans le pays. Sur cette superficie, 2,3 millions d’hectares sont considérés à fort potentiel, 4,8 millions à potentiel moyen et 22,3 millions à faible potentiel. Autant de marges de progression qui illustrent l’ampleur des investissements encore nécessaires pour transformer en profondeur le paysage agricole tanzanien.
Moudachirou ALIOU




