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TRANSFORMATION DES PRODUITS AGRICOLES : Le pari industriel du Bénin prend forme avec le Pag 2

L’industrialisation du Bénin franchit un cap décisif sous l’impulsion du Programme d’action du gouvernement, deuxième phase (Pag 2), qui place la transformation locale au cœur de la stratégie de développement. En quelques années, les unités industrielles se sont multipliées à travers le pays, traduisant une volonté affirmée de créer davantage de valeur ajoutée à partir des productions agricoles nationales.

La transformation agroalimentaire s’impose désormais comme un pilier de l’économie béninoise. Dans plusieurs communes, des unités modernes de transformation voient le jour et participent à la structuration d’un tissu industriel en pleine consolidation. Au-delà de la simple production, cette dynamique favorise la création d’emplois, stimule l’activité économique locale et renforce la présence des produits « Made in Benin » sur le marché national.

Les consommateurs s’habituent progressivement à ces produits locaux, de plus en plus visibles dans les rayons des supermarchés et promus à travers l’initiative « Consommons local », généralement organisée en octobre sous l’égide de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Une démarche qui vise à encourager la production nationale et à réduire la dépendance vis-à-vis des importations.

Présent à Natitingou le samedi 24 janvier, dans le cadre de la conférence itinérante sur les performances du secteur agricole, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Cossi Dossouhoui, a souligné le rôle déterminant du Pag 2 dans cette mutation. « La production de matières premières a été un chantier majeur du premier Pag. Mais la transformation de ces matières premières pour générer de la valeur ajoutée, créer des emplois et améliorer les revenus des acteurs, c’est véritablement le Pag 2 qui en a posé les bases », a-t-il affirmé.

Le département de l’Atacora illustre cette dynamique. Selon le ministre, la zone compte une dizaine d’unités de transformation de riz et six unités dédiées au karité, notamment à Cobly, Perma, Matéri et Péhunco. À cela s’ajoutent deux importantes unités de transformation de l’anacarde, capables de valoriser non seulement la noix, mais aussi le jus issu de la pomme de cajou.

La filière mangue, fruit emblématique de l’Atacora, connaît également un essor notable. Cinq unités y sont actuellement fonctionnelles, et deux nouvelles infrastructures sont annoncées à très court terme. Elles seront orientées vers la production de mangue séchée et de jus, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour la valorisation de ce produit à fort potentiel.

L’enjeu se situe désormais au niveau de la valorisation et de la qualité des produits. « La qualité doit être la forte note que nous mettrons désormais dans les modèles de transformation », a insisté le ministre. L’objectif est clair : permettre aux Béninois de produire ce qu’ils consomment et de consommer davantage ce qu’ils produisent, dans une logique d’autosuffisance et de souveraineté alimentaire.

À travers le Pag 2, le Bénin confirme ainsi son ambition de bâtir une économie plus résiliente, fondée sur la transformation locale et la valorisation durable de ses ressources agricoles.

Moudachirou ALIOU

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