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ENTRE CONTREBANDE ET PÉNURIE : Le Burkina Faso interdit temporairement l’exportation des amandes de karité

Le gouvernement burkinabè a annoncé, le mercredi 19 novembre, le report jusqu’à nouvel ordre de la période d’exportation des amandes de karité pour la campagne 2025-2026. La décision émane du ministère de l’Industrie et du Commerce, qui justifie cette mesure par la nécessité de garantir un approvisionnement suffisant aux unités locales de transformation.

Troisième producteur mondial de karité derrière le Nigeria et le Mali, le Burkina Faso cherche à renforcer sa capacité de transformation nationale. Mais l’exécutif doit composer avec des intérêts divergents : d’un côté, les exportateurs, et de l’autre, les industriels locaux confrontés à un accès limité à la matière première.

Initialement, les autorités avaient fixé la période d’exportation du 1er décembre 2025 au 31 mai 2026. Cette fenêtre s’accompagnait de l’obligation pour les opérateurs d’allouer au moins 25 % des volumes destinés à l’exportation aux transformateurs nationaux. Malgré ces dispositions, les usines locales continuent de peiner à s’approvisionner.

Ce dérèglement s’explique notamment par la poursuite des sorties frauduleuses d’amandes de karité vers les pays voisins. Le 22 novembre, la Brigade mobile de contrôle et de répression des fraudes (BMCRF) a annoncé avoir intercepté plus de 1 800 tonnes d’amandes dans le cadre d’une vaste opération menée sur l’ensemble du territoire. Selon son coordonnateur général, Sanibè Faho, plusieurs commerçants ont tenté de contourner la réglementation en convoyant des cargaisons sans documents requis ou en organisant des exportations illicites. Les stocks saisis seront réorientés vers les industries locales, et le produit de leur vente contribuera à alimenter le Fonds de soutien patriotique (FSP), précise l’Agence d’Information du Burkina.

Face à la recrudescence de la contrebande, le ministère de l’Industrie annonce un renforcement des contrôles aux frontières. L’enjeu est stratégique : accroître la valeur ajoutée générée dans la filière en stimulant la transformation sur place.

Moudachirou ALIOU

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