BAISSE DE LA PRODUCTION AGRICOLE AU KÉNYA : Le pays se prépare à un important déficit de maïs

Le Kenya pourrait faire face à un déficit d’environ 486 000 tonnes de maïs, soit 5,4 millions de sacs de 90 kg, d’ici fin septembre 2026. L’alerte a été donnée par Mutahi Kagwe, secrétaire du Cabinet chargé de l’Agriculture, devant le Parlement, selon des informations rapportées le 11 août par le média local The Eastleigh Voice.
Cette situation s’expliquerait principalement par une baisse attendue de 40 % de la production en 2026. Les principales zones productrices ont été confrontées à des conditions météorologiques défavorables. Des pluies précoces, suivies d’une sécheresse prolongée durant des phases critiques du développement des cultures, ont affecté les rendements. À cela s’ajoutent les retards dans la distribution des engrais subventionnés, qui ont limité l’accès des producteurs à cet intrant essentiel.
Pour atténuer les effets de ce déficit, le gouvernement kényan prévoit d’importer 1 million de sacs de maïs, soit environ 90 000 tonnes, afin de renforcer les réserves stratégiques. Ce volume ne représente toutefois qu’environ 19 % du déficit attendu. Des importations supplémentaires pourraient donc être nécessaires si les prévisions de production se confirment.
La situation intervient dans un marché déjà sous tension. En juin, FEWS NET indiquait que les prix du maïs évoluaient entre leur moyenne habituelle et jusqu’à 20 % au-dessus de celle-ci sur plusieurs marchés. À Nairobi, les prix de gros pourraient rester 9 à 19 % supérieurs à leur moyenne quinquennale jusqu’en janvier 2027, sous l’effet d’une offre limitée, d’une demande soutenue et de coûts de transport élevés.
La pression pourrait ainsi se maintenir sur les prix du maïs et de ses dérivés, dans un pays où cette céréale constitue un pilier de la sécurité alimentaire et de l’alimentation animale.
Moudachirou ALIOU




