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POLITIQUE NATIONALE DE RANCHING AU NIGERIA : Le pays sollicite l’appui de l’AFD pour son accélération

Le Nigeria franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son secteur de l’élevage. Le gouvernement souhaite renforcer sa coopération avec l’Agence française de développement (AFD) afin d’accompagner la mise en œuvre de sa politique nationale de ranching, destinée à améliorer la productivité du cheptel tout en réduisant les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs.

Cette volonté a été réaffirmée lors d’une rencontre tenue le 10 juillet entre le ministre du Développement de l’élevage, Idi Mukhtar Maiha, et une délégation de l’AFD conduite par son directeur pays, Jacky Amprou. Le partenariat envisagé prévoit l’aménagement de réserves pastorales en ranchs pilotes, avec pour objectifs de limiter la transhumance, de renforcer la sécurité, d’accroître les performances de l’élevage et de promouvoir un développement rural durable.

Au Nigeria, l’élevage représente près de 35 % du produit intérieur brut (PIB) agricole et constitue une activité essentielle pour les populations rurales. Toutefois, le secteur reste largement dominé par un système pastoral mobile, confronté aux effets du changement climatique, à la faiblesse des rendements et aux fréquents conflits liés à l’accès aux terres et aux ressources en eau. Selon une étude de Mercy Corps, ces affrontements entraînent des pertes économiques estimées à 13,7 milliards de dollars par an.

Dans le cadre de sa stratégie, le gouvernement du président Bola Tinubu ambitionne de remplacer progressivement l’élevage itinérant par des ranchs modernes intégrant pâturages aménagés, points d’eau, services vétérinaires, production de fourrage, alimentation animale et infrastructures de commercialisation.

Pour soutenir cette transformation, les autorités ont identifié 470 réserves pastorales légalement protégées qui seront progressivement réhabilitées et équipées. Si cette réforme ouvre de nouvelles perspectives pour le secteur, son succès dépendra de la mobilisation de financements suffisants, de l’adhésion des communautés pastorales et de la capacité du pays à bâtir un modèle d’élevage durable et compétitif.

Moudachirou ALIOU

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