PRODUIRE POUR MIEUX VIVRE : le pari de Félix Mematon Baya, entrepreneur engagé dans la culture du soja

À Tanguiéta, dans l’arrondissement de N’dahonta, Félix Mematon Baya s’est imposé comme un jeune entrepreneur agricole engagé dans la production de soja grain. Formé aux techniques culturales grâce au projet Snv, il met ses connaissances au service d’une culture qu’il considère comme un levier de sécurité alimentaire, de création de revenus et de préservation des sols. Malgré les difficultés liées aux équipements, au stockage et aux aléas climatiques, il poursuit son activité avec détermination et invite la jeunesse à saisir les opportunités qu’offre cette filière en pleine croissance.
Pour certains, l’agriculture est une activité héritée de leurs parents. Pour d’autres, elle résulte d’un choix mûrement réfléchi. Chez Félix Mematon Baya, c’est avant tout une passion qui a guidé ses pas. Installé à N’dahonta, dans la commune de Tanguiéta, le jeune entrepreneur a trouvé dans le soja une culture qui répond autant à ses aspirations personnelles qu’aux besoins croissants des consommateurs.
Son aventure dans la filière ne s’est pas construite au hasard. Soucieux de maîtriser les techniques modernes de production, il a bénéficié de plusieurs formations techniques organisées dans le cadre du projet Snv. Ces renforcements de capacités lui ont permis de découvrir les bonnes pratiques culturales, de mieux comprendre les exigences de la culture et d’améliorer progressivement ses performances.
« J’ai de l’expérience en la matière grâce aux formations techniques que j’ai suivies avec le projet Snv», confia-t-il avec fierté.
Ces apprentissages constituent aujourd’hui l’un des principaux atouts de son exploitation. Ils lui permettent de mieux planifier les travaux agricoles, de respecter les itinéraires techniques et de prendre les bonnes décisions au bon moment.
Mais au-delà des connaissances acquises, c’est surtout l’amour qu’il porte à cette légumineuse qui marque son parcours.
Pour lui, le soja n’est pas une simple spéculation agricole. Il représente une réponse à plusieurs défis, notamment ceux de la nutrition et de la sécurité alimentaire.
« Je suis vraiment très passionné par la production de soja parce qu’aujourd’hui le soja occupe une place non négligeable dans l’alimentation de l’homme », explique-t-il.
À ses yeux, cette culture mérite une attention particulière en raison de sa richesse nutritionnelle. Les nombreux produits dérivés obtenus à partir du soja renforcent davantage sa conviction que cette filière possède un énorme potentiel.
Du fromage au lait de soja, en passant par les amuse-gueules, les farines enrichies ou encore les bouillies destinées aux enfants, le soja est devenu un ingrédient incontournable dans de nombreuses préparations alimentaires.
Pour Félix, cette diversité d’utilisations justifie l’intérêt grandissant que lui accordent les consommateurs.
« Le soja égale une vie saine », résume-t-il.
Cette phrase traduit toute la philosophie qui guide son engagement. Produire du soja, selon lui, c’est contribuer à améliorer l’alimentation des ménages tout en offrant aux transformateurs une matière première de qualité.
Le choix de cette spécialisation repose également sur des considérations économiques.
Comme beaucoup de jeunes entrepreneurs agricoles, Félix recherchait une activité capable de générer des revenus réguliers.
Le soja lui est apparu comme une opportunité.
« J’ai choisi cette spécialité parce que son importance est sans équivoque. Elle me permet de joindre les deux bouts et de satisfaire mes besoins », affirme-t-il.
Grâce aux revenus issus de cette activité, il parvient progressivement à prendre en charge certaines dépenses personnelles tout en poursuivant le développement de son exploitation.
Cette autonomie financière constitue pour lui une source de motivation supplémentaire.
L’autre facteur qui renforce son optimisme est le dynamisme du marché.
Selon lui, la demande en soja reste largement supérieure à l’offre disponible.
Les unités de transformation, les commerçants et les consommateurs recherchent constamment du soja grain de bonne qualité. Cette réalité conforte son choix de poursuivre dans cette filière.
Pour lui, produire du soja, c’est exercer une activité qui répond à un véritable besoin économique et social.
Mais si les opportunités sont nombreuses, le parcours n’est pas exempt de difficultés.
Comme beaucoup de producteurs, Félix Mematon Baya est confronté à plusieurs contraintes qui freinent le développement de son activité.
Le premier défi concerne l’insuffisance des équipements agricoles.
Le manque de matériel adapté ralentit certaines opérations culturales et limite parfois les superficies qu’il peut emblaver.
À cela s’ajoutent les aléas climatiques.
« L’absence de pluie pour semer à bonne date constitue une véritable difficulté », déplore-t-il.
Dans une agriculture largement dépendante des précipitations, chaque retard dans l’installation des pluies peut compromettre le calendrier cultural et affecter les rendements.
Le problème du battage représente également un obstacle majeur.
L’absence de batteuses modernes oblige souvent les producteurs à utiliser des méthodes moins performantes, ce qui nuit à la qualité du soja grain.
Obtenir un produit propre et bien présenté demeure pourtant indispensable pour satisfaire les exigences des acheteurs.
Autre difficulté évoquée, le manque de magasins de stockage.
Sans infrastructures adaptées, la conservation de la récolte devient plus compliquée et expose les producteurs à des pertes ou à une commercialisation précipitée.
Malgré ces obstacles, Félix Mematon Baya refuse de baisser les bras.
Il préfère mettre en avant les progrès réalisés au fil des années.
Les formations reçues lui permettent aujourd’hui de produire avec davantage de professionnalisme.
« Aujourd’hui, j’arrive à produire avec beaucoup de connaissances. Je connais les bonnes pratiques ainsi que les bonnes dates pour le semis », explique-t-il.
Cette maîtrise technique constitue, selon lui, un levier essentiel pour améliorer durablement la productivité.
Elle lui permet également d’aborder chaque campagne agricole avec plus de confiance.
Pour l’avenir, il nourrit de grandes ambitions pour son exploitation. Il souhaite accroître les superficies consacrées au soja, améliorer ses capacités de stockage et acquérir des équipements modernes afin d’augmenter la qualité de sa production. Convaincu que cette culture dispose d’un fort potentiel au Bénin, il espère également transmettre son expérience à d’autres jeunes qui souhaitent entreprendre dans l’agriculture. Pour lui, le partage des connaissances est un moyen de renforcer durablement la filière et de contribuer au développement économique des communautés rurales.
Au-delà de son activité personnelle, le jeune entrepreneur nourrit une vision plus large pour l’agriculture béninoise.
Il souhaite voir davantage de jeunes s’intéresser à la culture du soja.
À ses yeux, cette spéculation offre de nombreuses opportunités de création de richesses tout en participant à la préservation de l’environnement.
Son message à la jeunesse est sans ambiguïté.
« Le soja fertilise le sol. Une fois la récolte effectuée, on peut rapidement valoriser la production sans attendre. Les jeunes doivent aussi pratiquer l’agroforesterie pour mieux protéger l’écosystème », recommande-t-il.
À travers ces conseils, il invite les nouvelles générations à considérer l’agriculture comme une véritable entreprise, fondée sur les bonnes pratiques et le respect des ressources naturelles.
Le parcours de Félix Mematon Baya illustre celui d’un jeune producteur qui croit au potentiel du soja pour transformer les conditions de vie des populations rurales. Armé des connaissances acquises sur le terrain et animé par une passion sincère pour cette culture, il poursuit son ambition malgré les nombreuses contraintes auxquelles il est confronté. Son histoire rappelle qu’avec de la formation, de la persévérance et une vision claire, le soja peut devenir bien plus qu’une culture agricole, un levier de développement économique, de sécurité alimentaire et de préservation des sols.
Nadjahatou BAGUIRI




