PRODUCTION D’ANACARDE EN AFRIQUE DE L’OUEST : Le Bénin en pleine croissance

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La récolte d’anacarde en Afrique de l’ouest a grimpé de 15 % en 2023 selon les estimations N’kalô, un service indépendant de conseil commercial pour le secteur agroalimentaire en Afrique, de la production agricole à l’utilisation finale. L’anacarde est devenue en moins d’une décennie, une culture d’exportation majeure pour plusieurs pays de l’Afrique de l’ouest. Avec une demande toujours en hausse sur le marché régional et international, la production bat des records.

D’après le dernier bulletin de N’kalô sur le marché africain de la matière première, la production de noix de cajou a atteint environ 3 millions de tonnes en 2023. Ce volume annoncé est en hausse de 400 000 tonnes d’une année sur l’autre et marque un niveau record pour la sous-région. Une augmentation qui se justifie grâce à l’effort conjugué de certains pays. La Côte d’Ivoire et le Nigéria ont enregistré des hausses identiques de 18 % respectivement à 1,36 million de tonnes et 405 000 tonnes. La Guinée-Bissau a affiché un volume de 305 250 tonnes soit +10 %. Le Bénin ensuite avec 227 500 tonnes et +15 % devant le Ghana 214 500 tonnes avec +14 % et le Burkina Faso (168 000 tonnes, +12 %).

Le Bénin se place ainsi en quatrième position dans le top 6 des pays de la sous région qui ont mis la barre haute pour le développement de la filière anacarde en Afrique de l’ouest. Un exploit pour les acteurs à divers niveaux du secteur. Ils ont su mettre à profit l’énorme potentiel social, écologique et économique de cette filière pour le Bénin.

LA CROISSANCE ET LA QUALITÉ DE MISE

Aujourd’hui, les noix de cajou du Bénin sont considérées comme l’une des meilleures de l’Afrique de l’Ouest. Elle contribue à plus de 8% aux recettes nationales d’exportation et à plus de 25% aux recettes agricoles d’exportation. L’État béninois dans son plan stratégique, a su créer des conditions favorables pour augmenter non seulement la production, mais aussi la capacité des unités de transformation et a contribué au renforcement des capacités des intervenants dans la chaîne de valeur de la noix de cajou. C’est des initiatives qui ont certainement contribué à accroître la compétitivité de la filière anacarde sur le marché régional et international. L’anacarde constitue dès lors, le deuxième produit d’exportation au Bénin derrière le Coton.

De 2018 à aujourd’hui, le niveau de production est en constante progression, mais pas exempt de quelques difficultés qui constituent des défis à relever. Produite dans tous les sept (07) pôles de développement agricole du pays, l’anacarde connait ses beaux jours depuis que la politique agricole en vigueur au Bénin a voulu lui accorder une place de choix.
« Une filière en pleine mutation », c’est le groupe de mots choisi par la direction de la statistique agricole (DSA) pour la qualifier.

LE CAJOU DE 2018 À 2024

Pour le compte de la campagne agricole 2023-2024, la production des noix de cajou au Bénin est estimée à 203 844 tonnes selon la direction de la statistique agricole. Soit une progression de 9,0% par rapport à celle de 2022 (187 033 tonnes). A noter qu’en 2018, 2019 et 2020, le Bénin enregistrait respectivement une production estimée à 115 590 tonnes, 130 276 tonnes et 137 926 tonnes. Tout ceci traduit la hausse significative en 2023. De façon globale sur les cinq dernières années, la production de l’anacarde a atteint un niveau d’accroissement de 56,5%.

L’ENJEU DE LA TRANSFORMATION

La Transformation des noix d’anacarde n’est pas restée en marge des nouvelles. Selon les données du Conseil National des Transformateurs de Cajou (CNTC), sur une capacité installée d’environ 65 000 tonnes pour la transformation des noix de cajou, 19 100 tonnes et 26 035 tonnes ont été transformées respectivement en 2022 et 2023. A cela s’ajoutent celles des unités installées au niveau de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) dont les capacités de transformation sont de 120 000 tonnes par an. Ainsi, au titre de la campagne 2022-2023, 57 000 tonnes de noix de cajou ont été transformées à en croire la Société d’Investissement et de la Promotion de l’Industrie (SIPI). La balle revient désormais dans le camp des producteurs qui doivent redoubler d’efforts pour satisfaire les industries locales de transformation de noix brutes de cajou.

DÉFIS À RÉVÉLER…

La filière anacarde est confrontée à plusieurs défis qui nécessitent d’être soulevés. Entre autres on peut citer la fluctuation de prix sur le marché. D’après le 7è numéro du bulletin hebdomadaire du Système d’information sur le Marché de la Fédération Nationale des Producteurs d’Anacarde du Bénin (FeNaPAB), les prix au kilogramme de noix brutes de cajou au Bénin varient de 250 FCFA à 400 FCFA selon les régions. Ceci constitue un véritable obstacle pour les producteurs de certaines régions qui ne bénéficient pas pleinement de leur production au même titre que les autres malgré que la qualité est la même. C’est une difficulté qui mérite d’être résolue en fixant un prix plancher pour la campagne de commercialisation sur toute l’étendue nationale afin de soulager un temps soit peu les producteurs. En outre, il faut que le gouvernement béninois intensifie l’accompagnement aux producteurs, sans oublier la facilitation de l’accès aux micro-crédits.

Moudachirou ALIOU / Contact : 95795555

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