CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DES SOLS: Parakou met en avant les acquis du projet TAZCO 2

À l’occasion de la Journée mondiale des sols, Parakou a accueilli, mardi 2 décembre 2025, une célébration au cours de laquelle les acquis du Projet de Transition Agroécologique (TAZCO 2) ont été exposés. Il s’agit d’un projet qui ambitionne de régénérer les terres agricoles et d’assurer la durabilité de la production dans les zones cotonnières du Bénin.
Le projet TAZCO, financé par l’Agence française de développement (AFD), accompagne depuis plusieurs années la transition vers des pratiques agricoles plus durables. La deuxième phase, en cours jusqu’en 2028, concerne cinq communes : Parakou, Savalou, Kandi, Banikoara et Ouassa-Péhunco. Chacune de ces communes dispose de deux terroirs d’expérimentation. Les premiers résultats montrent une amélioration de l’humidité et de la fertilité des sols, une hausse de la productivité et un intérêt croissant des producteurs pour les techniques agroécologiques.
Pour Dr Lionel Yemadje, assistant technique du projet, la réduction du labour reste un pas essentiel dans l’atteinte des objectifs. « Dès que nous cessons de remuer intensément le sol, nous le protégeons déjà. Les plantes de couverture et la diversification permettent également de créer la biomasse qui nourrit et régénère les terres. », a-t-il expliqué avant d’insister sur l’urgence d’un changement de pratiques agricoles. « La transition agroécologique n’est plus une option. Sans sols vivants, nous ne pourrons pas assurer notre sécurité alimentaire. », a-t-il ajouté.
Le projet avance, mais certains défis persistent. Foumilayo Edwige Adjé, responsable de la cellule d’appui et de suivi, évoque la pénibilité de certaines pratiques, le manque de main-d’œuvre rurale et la faible disponibilité d’engrais organiques. La mécanisation est progressivement introduite pour alléger les charges de travail.
Le directeur de l’Institut de recherche sur le coton, Bertin Adéossi, a rappelé l’ampleur des transformations observées sur le terrain. Selon lui, plus de 90 % des terroirs concernés montrent déjà des signes d’amélioration. Il a souhaité que cette journée serve à convaincre ceux qui hésitent encore. « Nous avons les preuves, les témoignages, les résultats. Ceux qui doutent peuvent désormais constater ce qui est en train de changer. », a-t-il laissé entendre.
Le maire de Parakou, Inoussa Zimé Chabi, a salué les impacts visibles du projet dans sa commune. Pour lui, les effets sur la fertilité des sols et les revenus des familles démontrent l’importance de poursuivre les actions engagées. Il a adressé ses remerciements au gouvernement et aux partenaires techniques et financiers, dont l’AFD, le SIRAT, l’IRC, l’ATDA 2 et les producteurs.
En clôture des interventions, Innocent Togla Directeur adjoint du cabinet du ministère en charge de l’agriculture a réaffirmé la position du ministère. « Si nous voulons laisser des terres fertiles aux générations futures, nous devons aller vers l’agroécologie. Le temps n’est plus au choix, mais à l’action. », a-t-il dit avant d’inviter tous les producteurs à intégrer ces pratiques, quels que soient leurs systèmes de production.
Anselme ORICHA




