ENTRE FÊTES ET HARMATTAN : La laitue majoritairement dans les plats

En période de fêtes de fin d’année, la laitue occupe une place de choix dans les habitudes alimentaires.
À Malanville, comme à Parakou, ce légume vert est de plus en plus recherché sur les marchés et pour garnir les tables familiales, surtout pour accompagner les repas festifs. Cette forte demande du légume intervient dans un contexte climatique difficile, marqué surtout par l’harmattan, qui en influence fortement la production.
Sur le plan alimentaire, la laitue est bien appréciée dans les salades par de nombreux consommateurs pour son caractère léger et rafraîchissant. Pour Naomie Biaou, consommatrice, « pendant les fêtes, on mange beaucoup de plats lourds. La laitue accompagne bien les repas ». Un avis partagé par Chantal Keke, qui confie que « quand il y a fête, la laitue en salade est préférée pour équilibrer les repas ». Pour ces consommatrices, la laitue permet ainsi de mieux équilibrer les menus lors des rencontres familiales et des célébrations.
Cette préférence se reflète clairement sur les marchés locaux. Les vendeuses constatent une nette augmentation de la demande à l’approche des fêtes. « En période de fêtes, la laitue se vend très bien, les clients en demandent beaucoup », témoigne une commerçante rencontrée au marché Dépôt de Parakou. Elle précise également que les arrivages sont parfois insuffisants pour satisfaire tous les clients, surtout à l’approche du 24 et du 31 décembre, où la demande est à son pic.
Il n’est pas facile pour les producteurs de répondre à cette forte demande quoique cyclique.
Yessoufou Abdoul Fadel, un maraîcher biologique à Malanville, précisément à Tassiguiexplique explique pourquoi les maraîchers n’arrivent pas à satisfaire à la demande en période de fin d’année : « L’harmattan arrive avec beaucoup de vent, de soleil et de sécheresse. Les feuilles de laitue deviennent sèches et la croissance ralentit ».
Ces conditions climatiques rendent la production plus exigeante et nécessitent une attention particulière.
Pour maintenir la production, le maraîcher doit redoubler d’efforts. « Il faut arroser plus souvent, être rigoureux et plus présent au champ. Quand le site est grand, il faut aussi payer de la main-d’œuvre », ajoute-t-il.
En période d’harmattan, le travail débute souvent très tôt le matin ou se fait plutôt totalement en fin de journée afin de limiter l’évaporation de l’eau et de préserver l’humidité du sol.
Afin de garantir une laitue de qualité en cette période, la production biologique est la plus adaptée. Les maraîchers privilégient pour la plus part des méthodes biologiques, ce qui augmente les coûts de production. Ils enrichissent le sol à l’aide de compost et de fientes de poulets, couvrent les planches avec de la paille pour conserver l’humidité et effectue des traitements réguliers contre les insectes.
La production commence par une pépinière qui dure environ trois semaines. Selon la nature du sol et la variété cultivée, la récolte peut intervenir après un mois.
La période des fêtes de fin d’année reste toutefois rentable pour les producteurs. « On vend bien pendant les fêtes, la demande est élevée et le rendement est satisfaisant », affirme le maraîcher. Cependant, cette pression liée à la forte demande a parfois des répercussions sur la qualité de la laitue vendue sur les marchés. « Certains producteurs utilisent des produits chimiques pour aller vite, ce qui rend la laitue fragile », déplore-t-il, appelant à des pratiques plus responsables.
Entre exigences des fêtes et contraintes de l’harmattan, la laitue s’impose toujours comme un produit convoité à Malanville comme à Parakou. Cette réalité met en lumière le rôle essentiel des maraîchers locaux et l’importance de promouvoir une production saine, durable et plus respectueuse de la santé des consommateurs.
Olivia LIMA



