RELANCE DE L’HUILE DE PALME AU NIGERIA : Le gouvernement concent de nouveaux investissements pour relancer la filière

Le Nigeria multiplie les investissements pour renforcer sa production d’huile de palme et réduire sa dépendance aux importations. Premier producteur africain d’huile de palme brute, le pays ne couvre qu’environ 80 % des besoins de son marché intérieur. La validation, le 2 avril 2026, de sa première stratégie nationale de développement de la filière accompagne cette nouvelle dynamique.
Dans l’État de Cross River, les autorités ont présenté, le 10 octobre, un projet de plantation de 4 000 hectares porté par l’entreprise privée ValueFronteira Limited, dans la zone de Yala. Selon le média Vanguard, l’accord de concession avait été signé le 7 août. L’entreprise prévoit d’investir plus de 20 millions de dollars sur cinq ans.
D’autres initiatives sont en cours dans le pays. À Enugu, le gouvernement a annoncé, le 7 septembre, le démarrage de la production commerciale d’huile de palme par Enugu United Palm Products Limited (UPPL), issue d’un partenariat entre l’État et Pragmatic Palms Limited. L’entreprise prévoit d’investir 2,2 millions de dollars supplémentaires dans une raffinerie et un complexe industriel.
Dans l’État d’Abia, le groupe Presco discute depuis mars avec les autorités d’un projet évalué à 200 millions de dollars. Il prévoit une plantation de 14 000 hectares et des infrastructures de transformation. Cette initiative pourrait générer plus de 5 000 emplois directs et indirects, mais demeurait en préparation lors des dernières annonces.
Cette multiplication des projets intervient après l’adoption de la stratégie nationale, qui prévoit l’extension des superficies cultivées, l’amélioration des rendements et la modernisation des infrastructures de transformation. Les autorités ambitionnent de conquérir 10 % du marché mondial en six ans et d’atteindre l’autosuffisance nationale d’ici à 2050.
Le 16 avril, le ministère fédéral de l’Agriculture a également présenté, avec Mass Industrial Development and Logistics Limited, un programme de sept domaines agro-industriels intégrés de 10 000 hectares chacun. Ces complexes doivent associer plantations, unités de transformation, raffineries et infrastructures logistiques. Les États devant les accueillir n’avaient toutefois pas encore été officiellement désignés.
Cependant, la relance de la filière dépendra de la concrétisation des investissements, de l’amélioration des infrastructures et de l’accès au foncier. Le pays devra également mieux maîtriser les flux commerciaux informels de produits dérivés de l’huile de palme en provenance de pays voisins, dont le Bénin, le Togo et le Cameroun.
Moudachirou ALIOU




