SOJA : Le Togo ouvre officiellement les portes du marché chinois à ses producteurs

Le soja togolais bénéficie désormais d’un accès officiel au marché chinois, une avancée susceptible de renforcer les débouchés commerciaux de la filière et de soutenir la croissance de la production nationale. Conclu en marge de la visite officielle de Faure Gnassingbé à Pékin, entamée le 9 octobre 2026, un protocole phytosanitaire entre Lomé et Pékin fixe les conditions sanitaires nécessaires à l’exportation des graines de soja vers la Chine.
Cet accord lève un obstacle important à l’expansion des échanges entre les deux pays. Jusqu’ici, les exportations togolaises vers la Chine restaient limitées, avec environ 293 tonnes enregistrées en 2023, faute d’un cadre sanitaire officiel suffisamment établi. Le nouveau protocole définit les exigences relatives à la quarantaine végétale et au contrôle des organismes nuisibles, afin de sécuriser les expéditions.
L’ouverture intervient alors que la Chine demeure un acteur majeur du commerce mondial du soja. Avec plus de 74 millions de tonnes importées au cours des huit premiers mois de 2026, le pays représente un débouché potentiel considérable pour les producteurs togolais. Cette perspective offre également une possibilité de diversification commerciale à une filière historiquement tournée vers le marché européen, notamment pour le soja biologique.
La dynamique s’appuie sur la forte progression de la production nationale. Celle-ci est passée de moins de 25 000 tonnes en 2015 à plus de 260 000 tonnes durant la campagne 2024-2025. Pour la campagne 2026-2027, l’interprofession ambitionne d’atteindre 300 000 tonnes, ce qui renforce l’importance de disposer de débouchés commerciaux capables d’absorber les volumes supplémentaires.
Cependant, l’accès au marché chinois devra s’articuler avec la politique d’industrialisation engagée par les autorités togolaises. Depuis le début de 2026, Lomé applique une taxe à l’exportation sur les graines brutes de soja, de cajou et de karité afin d’encourager leur transformation sur le territoire national. Cette orientation vise à accroître la valeur ajoutée locale, à soutenir les unités industrielles et à favoriser la création d’emplois.
Le défi sera donc de concilier les exportations de soja brut avec les besoins des transformateurs locaux. Une progression trop rapide des expéditions extérieures pourrait accentuer la concurrence pour l’approvisionnement des usines, tandis qu’une meilleure organisation des flux permettrait de tirer parti des deux débouchés.
Moudachirou ALIOU




