AGROÉCOLOGIE AU BÉNIN : Les semences locales au cœur d’une foire à Djakotomey

La préservation des semences paysannes et la valorisation des ressources alimentaires locales s’imposent comme des enjeux majeurs pour renforcer la souveraineté alimentaire au Bénin. Du 15 au 17 octobre 2026, la commune de Djakotomey, dans le département du Couffo, a accueilli la 9ᵉ édition de la Foire semencière, agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition.
Placée sous le thème « Territorialisation de l’agroécologie, une opportunité pour la souveraineté alimentaire des peuples », cette rencontre a mobilisé producteurs, transformateurs et autorités, avec l’appui du projet Delta-Mono/Enabel.
L’initiative vise à sensibiliser les populations à l’importance des semences paysannes dans la préservation de la biodiversité, la sauvegarde des variétés locales et la sécurité alimentaire. Pour Pierre Bediyé, président de la Fédération agroécologique du Bénin (FAEB), les semences constituent le socle de toute production alimentaire. « Il n’y a pas d’alimentation sans les semences, et la semence, c’est la vie », a-t-il rappelé.
Durant les trois jours, les stands ont permis de découvrir une diversité de semences paysannes, de produits transformés et de mets traditionnels menacés de disparition. Au-delà de leur exposition, ces ressources constituent un patrimoine agricole et culinaire dont la préservation peut favoriser la diversification des productions et renforcer la résilience des communautés rurales face aux changements climatiques. Les organisateurs souhaitent également faire de cette dynamique une source de création de richesses et d’emplois, particulièrement pour les femmes et les jeunes.
Au cœur de cette démarche, les agricultrices jouent un rôle déterminant. Marthe Chigblo, responsable des agricultrices du Couffo, souligne que les productrices adoptent davantage de pratiques respectueuses de l’environnement grâce à l’accompagnement de Delta-Mono/Enabel et des ONG membres de la FAEB. Elle relève également une implication croissante des hommes dans cette transition agricole.
Pour Jeanine Biaou, représentante du projet, l’agroécologie gagne en visibilité dans les départements du Mono et du Couffo. Elle constitue, selon elle, une réponse aux défis environnementaux et climatiques auxquels les producteurs sont confrontés. Le maire de Djakotomey, Ulrich Sokegbè, a pour sa part souligné l’importance du thème, qui interpelle directement les collectivités territoriales sur leur responsabilité dans la préservation du patrimoine agricole.
Pour les communautés rurales, l’enjeu est désormais de pérenniser ces pratiques, de mieux valoriser les productions qui en découlent et d’assurer leur place dans les systèmes alimentaires locaux. Une démarche qui fait de l’agroécologie un levier de préservation de la biodiversité et de renforcement de l’autonomie des producteurs.
Moudachirou ALIOU




