ARBORICULTURE AU BÉNIN : Le CJA mise sur l’anacardier pour renforcer le potentiel économique des jeunes agriculteurs

Le Collège des jeunes agriculteurs (CJA) du Bénin entend associer engagement environnemental et opportunités économiques dans le secteur agricole. À l’occasion de la célébration de ses six années d’existence, l’organisation a procédé, le jeudi 29 octobre 2026, à la mise en terre de plants d’anacardiers sur trois sites dans les communes de Savalou, de Dassa-Zoumè et de Glazoué. Cette initiative, organisée au lendemain des activités en salle des « Journées de la terre et de l’agroforesterie », vise à encourager les jeunes producteurs à intégrer davantage les arbres dans leurs systèmes de production et à développer des activités génératrices de revenus à moyen et long termes.
À Glazoué, l’opération a notamment permis de mettre en terre 150 pieds d’anacardiers sur l’exploitation de Chadas Ganhoun, agriculteur et bénéficiaire direct de cette dotation du CJA, avec l’appui du PRIMA. Conscient de la responsabilité qui lui incombe, il s’est engagé à assurer l’entretien et le suivi des plants afin de garantir leur croissance. « Les suivis seront bien assurés, et chaque fois qu’ils passeront, ils retrouveront les plants en bon état », promet-il, tout en exprimant sa reconnaissance au Collège des jeunes agriculteurs du Bénin.
Pour favoriser la reprise et la croissance des jeunes plants, un dispositif d’irrigation inspiré du système traditionnel « Oya » a été installé au niveau de chaque plantation. Le procédé consiste à enfouir, dans le même poquet que le plant, un bidon plastique de 1,5 litre rempli d’eau et perforé à sa base. L’eau s’infiltre ainsi progressivement dans le sol, permettant de maintenir une certaine humidité au niveau des racines. Une technique simple et accessible qui vise à limiter les effets du manque d’eau sur les jeunes plants. Le bénéficiaire devra régulièrement remplir ces récipients afin d’assurer leur fonctionnement.
Cette précaution n’est pas anodine. La plantation intervient en effet à une période marquée par une faible humidité, à l’approche de la saison sèche. La hausse des températures et la diminution des précipitations pourraient compromettre la reprise des plants et entraîner des pertes. Mais le CJA se montre confiant quant aux dispositions prises pour garantir leur survie. Sa secrétaire générale adjointe, Dorcas Akouété, assure qu’un mécanisme de responsabilisation et de contrôle est prévu. « Je peux vous assurer qu’il n’y aura pas de perte », affirme-t-elle. Un engagement écrit lie désormais les bénéficiaires à l’organisation. En complément, une équipe du Collège devra effectuer des visites de contrôle inopinées sur les différents sites pour apprécier l’état des plantations et veiller au respect des engagements pris.
Au-delà de la dimension symbolique liée à la célébration de son sixième anniversaire, le choix de l’anacardier traduit une volonté de promouvoir une espèce présentant des perspectives économiques intéressantes pour les exploitations agricoles. Pour Aamal Ouorou Baré, membre du CJA, cet arbre offre plusieurs possibilités de valorisation. La pomme de cajou peut notamment servir à la fabrication de jus, tandis que l’amande, appréciée pour ses qualités nutritionnelles, constitue un produit commercialisable. À terme, les producteurs pourront donc diversifier leurs sources de revenus grâce à la commercialisation des fruits et des amandes, mais également à travers leur transformation.
La pertinence de cette initiative tient aussi à l’importance de la filière anacarde dans les territoires concernés. Selon Dorcas Akouété, l’anacardier constitue une filière prioritaire dans le pôle de développement agricole auquel appartiennent les communes ciblées. Son introduction dans les exploitations représente ainsi une opportunité de renforcer les activités agricoles déjà menées par les jeunes producteurs, tout en contribuant à la diversification des productions. L’intérêt est également environnemental, puisque l’intégration des arbres dans les espaces agricoles peut favoriser la couverture végétale et contribuer à la préservation des sols.
À travers cette opération, le Collège des jeunes agriculteurs du Bénin entend donc inscrire son anniversaire dans une dynamique concrète de promotion de l’agroforesterie et de diversification des revenus agricoles. Si les plants bénéficient d’un entretien régulier et parviennent à franchir les premières périodes de sécheresse, ils pourraient constituer, dans les prochaines années, une source de production et de revenus supplémentaires pour les bénéficiaires. Une manière pour le CJA de faire de la jeunesse agricole un acteur de la transition vers des systèmes de production plus diversifiés, résilients et économiquement viables.
Moudachirou ALIOU




