TIMA B. BERTRAND : Un jeune environnementaliste qui veut réconcilier agriculture et restauration des terres au Bénin

À une époque où les changements climatiques fragilisent de plus en plus les terres agricoles et compliquent les conditions de production, certains jeunes choisissent de s’engager concrètement pour proposer des solutions durables. Au Bénin, Tima B. Bertrand fait partie de cette génération engagée qui place l’agriculture durable, la restauration écologique et la protection des ressources naturelles au cœur de son combat. Consultant environnemental, spécialiste en ingénierie des eaux et des sols, il construit progressivement son parcours entre accompagnement agricole, agroforesterie, plantations de bambou et sensibilisation des jeunes aux enjeux environnementaux.
Chez lui, cet engagement ne relève pas du hasard. Fils de paysan, Tima B. Bertrand grandit dans un environnement profondément marqué par les réalités agricoles. Très tôt, il observe les difficultés auxquelles les producteurs sont confrontés : baisse de fertilité des sols, dégradation des terres, insuffisance des pluies et effets grandissants des changements climatiques sur les rendements agricoles. Ce contact permanent avec le monde rural va progressivement façonner sa vision et orienter ses ambitions.
Là où certains voyaient uniquement les difficultés liées au travail de la terre, lui y voyait déjà un secteur essentiel pour l’avenir des communautés africaines. Cette proximité avec l’agriculture nourrit rapidement son intérêt pour les questions environnementales et la gestion durable des ressources naturelles.
Aujourd’hui, Tima B. Bertrand exerce principalement comme consultant dans les domaines de l’environnement, de l’agriculture durable et de la gestion des ressources naturelles. Son travail consiste notamment à accompagner des projets liés aux études de sols, à la restauration écologique, aux systèmes agroforestiers et à l’installation de plantations. Dans ses activités, il met un accent particulier sur les solutions fondées sur la nature, qu’il considère comme des réponses importantes face aux défis environnementaux actuels.
Parmi les solutions qu’il défend figure le bambou. Pour lui, cette plante représente une alternative écologique capable de contribuer à la restauration des terres dégradées, à la protection des sols et à la lutte contre les changements climatiques. Il y voit également une opportunité économique importante pour les jeunes. « Je travaille sur la promotion du bambou comme solution écologique et économique capable de contribuer à la lutte contre les changements climatiques, à la restauration des terres dégradées et à la création d’emplois verts pour les jeunes », explique-t-il.
Cette orientation vers le bambou et les solutions écologiques s’inscrit dans une vision plus large de l’agriculture durable. Pour le jeune consultant, il devient urgent de repenser les modes de production agricole afin de préserver durablement les ressources naturelles. Il estime que les terres agricoles doivent être protégées et restaurées pour garantir la sécurité alimentaire des générations futures.
Son parcours s’est construit progressivement au contact du terrain. Depuis plusieurs années, il accompagne des initiatives agricoles et environnementales à travers des activités de restauration des terres, de plantations et d’agroforesterie. Son approche consiste à promouvoir une agriculture capable de produire tout en respectant les écosystèmes.
À travers ses interventions, il insiste souvent sur l’importance des arbres dans les systèmes agricoles. Selon lui, l’agroforesterie représente une solution importante face à la dégradation des sols et aux effets des changements climatiques sur les productions agricoles. Il considère également que les producteurs doivent être davantage accompagnés dans l’adoption de pratiques agricoles durables.
Son ambition est de contribuer à l’émergence d’une agriculture plus résiliente, capable de créer des opportunités économiques tout en protégeant les ressources naturelles. Pour lui, les secteurs agricole et environnemental offrent aujourd’hui de nombreuses possibilités aux jeunes qui souhaitent entreprendre. « Les secteurs agricole et environnemental offrent énormément d’opportunités pour les jeunes innovants et déterminés », a-t-il affirmé.
À travers ses différentes activités, il cherche à montrer qu’il est possible de concilier agriculture, et protection de l’environnement. Une vision qui prend tout son sens dans un contexte marqué par les défis climatiques et la dégradation progressive des terres agricoles.
Son engagement environnemental s’est également renforcé à travers ses expériences de terrain et ses activités de sensibilisation. Il explique y avoir développé des valeurs de discipline, de leadership et de service communautaire, tout en mettant en pratique ses connaissances au profit de la protection de l’environnement.
Entre 2016 et 2020, alors qu’il exerce des responsabilités de coordination locale à Natitingou, il participe à plusieurs campagnes de sensibilisation environnementale ainsi qu’à la mise en place de pépinières forestières capables de produire plusieurs milliers de plants. Ces initiatives visent à renforcer le couvert végétal et à sensibiliser les populations sur l’importance des arbres dans la protection des sols et la restauration des terres dégradées. À travers ces activités, il approfondit sa compréhension du lien étroit entre environnement et agriculture.
Entre 2021 et 2023, à Parakou, il poursuit cette dynamique à travers la formation des jeunes, les activités de sensibilisation et la mise en place de nouvelles pépinières forestières. Ces expériences de terrain renforcent progressivement sa conviction que l’avenir du développement agricole dépend fortement de la gestion durable des ressources naturelles. « J’ai compris que l’agriculture et la gestion durable des terres sont des secteurs stratégiques pour l’avenir de l’Afrique », confie-t-il. Mais le parcours du jeune consultant n’a pas été exempt de difficultés. Comme beaucoup de jeunes évoluant dans les secteurs agricole et environnemental, il a été confronté au manque de moyens financiers, à l’insuffisance d’équipements et parfois au manque d’accompagnement technique et institutionnel. À cela s’ajoutent les difficultés liées à l’accès aux opportunités et à la valorisation des compétences des jeunes professionnels. Dans un domaine où plusieurs projets nécessitent des investissements importants, il n’est pas toujours facile de transformer les idées en actions concrètes. « Dans notre domaine, il n’est pas toujours facile de transformer les idées et les projets en actions concrètes faute de financement », reconnaît-il.
Malgré ces contraintes, Tima B. Bertrand refuse de céder au découragement. Au contraire, ces difficultés ont renforcé sa patience, sa persévérance et sa capacité d’adaptation. Pour lui, chaque expérience constitue une étape importante dans la construction de son parcours.
Aujourd’hui, il se réjouit du chemin parcouru et de l’impact progressif de ses actions. Voir ses compétences contribuer à des projets agricoles et environnementaux, accompagner des initiatives de restauration écologique ou sensibiliser des jeunes représente déjà pour lui une grande satisfaction.
Même s’il estime avoir encore beaucoup à accomplir, il nourrit de grandes ambitions pour l’avenir. Il souhaite devenir une référence dans les domaines de la restauration écologique, des solutions fondées sur la nature et du développement de la filière bambou en Afrique.
À travers cette ambition, il veut également contribuer à la création d’emplois verts et au développement de l’entrepreneuriat agricole chez les jeunes. Selon lui, l’Afrique dispose d’importantes potentialités agricoles et environnementales qui méritent d’être davantage valorisées.
Pour y parvenir, il estime qu’il faut encourager les jeunes à se former sérieusement et à développer des compétences pratiques adaptées aux réalités du terrain. « Je conseille aux jeunes de croire en eux-mêmes, de développer des compétences pratiques et surtout de ne pas avoir peur de commencer petit », recommande-t-il.
Pour lui, la réussite repose avant tout sur la discipline, la patience et la persévérance. Il invite également les jeunes à entreprendre dans des domaines capables d’avoir un impact réel dans leurs communautés.
À travers son parcours, Tima B. Bertrand apparaît ainsi comme l’un de ces jeunes acteurs engagés qui tentent de réconcilier agriculture, environnement et développement durable. Entre restauration des terres, agroforesterie, pépinières forestières et promotion du bambou, il poursuit progressivement son ambition, contribuer à bâtir une agriculture plus résiliente, plus durable et davantage respectueuse des ressources naturelles.
Dans les projets qu’il accompagne comme dans les actions de sensibilisation qu’il mène auprès des jeunes et des communautés, une même conviction revient constamment : celle qu’il est encore possible de restaurer les écosystèmes, de protéger les terres agricoles et de construire un modèle de développement plus durable pour les générations futures.
Nadjahatou BAGUIRI




