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ACCÉLÉRATION DE LA TRANSITION AGRICOLE: Le Bénin accueille neuf pays africains pour réfléchir sur les bio-intrants

Le Bénin accueille, du 19 au 23 octobre 2026 à Cotonou, un atelier régional consacré aux bio-intrants. Organisée par l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab), avec l’appui du Fonds international de développement agricole (Fida), cette rencontre vise à renforcer la coopération entre les pays africains pour promouvoir l’utilisation des biofertilisants, des biopesticides et des biostimulants, face à la dégradation des sols et à la dépendance aux engrais chimiques.

« Partenariat Sud-Sud sur les bio-intrants ». C’est autour de ce thème que se tient l’atelier de Cotonou sur les bio-intrants agricoles.
Il rassemble des chercheurs et des experts venus de plusieurs pays, notamment le Bénin, le Burkina Faso, le Kenya, le Liberia, le Malawi, le Mozambique, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

Au cours de la cérémonie d’ouverture, le directeur général de l’Inrab, Dr Comlan Hervé Sossou, a souligné l’importance de la rencontre pour le monde agricole et le choix de Cotonou pour l’abriter. « La ville de dialogue, d’échange et d’ouverture sur la sous-région, notre capitale économique offre un cadre propice à la réflexion collective et au partage d’expériences entre chercheurs, décideurs publics, partenaires techniques et financiers, organisations de producteurs et acteurs du secteur privé », a-t-il déclaré.

La dégradation des terres agricoles et l’instabilité des marchés internationaux des engrais constituent des préoccupations majeures pour les pays africains. Dans ce contexte, les bio-intrants apparaissent comme une piste pour améliorer la santé des sols, tout en limitant la dépendance aux intrants importés. Pour le directeur régional Afrique de l’Ouest et du Centre du Fida, Bernard Mwinyel Hien, leur promotion doit toutefois se faire progressivement. « Notre ambition n’est pas de remplacer du jour au lendemain les engrais minéraux, loin de là. Elle est d’engager une transition pragmatique vers des systèmes de production plus résilients, plus sains et moins dépendants des marchés extérieurs », a-t-il précisé.

Au nom du ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, la secrétaire générale du ministère, Baké Tounkara Madeleine Lafia Mora, a rappelé que la transformation de l’agriculture constitue une priorité pour le Bénin. Elle a insisté sur la nécessité de mettre en place des conditions favorables à l’utilisation des bio-intrants par les producteurs. À cet effet, elle a présenté quatre attentes majeures : la simplification des procédures d’homologation, de certification et de circulation des produits, l’harmonisation des normes et le renforcement des laboratoires de contrôle, le développement de modèles économiques viables pour faciliter l’investissement privé et l’accès des producteurs à ces produits, ainsi que l’intégration des recommandations de l’atelier dans les programmes nationaux de développement agricole.

« Au nom du gouvernement du Bénin, je prends l’engagement que les recommandations pertinentes issues de cet atelier feront l’objet d’un examen attentif par le ministère de l’Agriculture et seront portées au niveau décisionnel approprié afin d’en favoriser la mise en œuvre », a assuré la secrétaire générale.

Pendant les cinq jours de travaux, les participants prendront part à des sessions techniques et à des visites de laboratoires et d’unités de production. Ces activités doivent favoriser le partage de connaissances et contribuer à la mise en place d’un réseau régional de praticiens des bio-intrants. L’enjeu est de faire émerger des solutions adaptées aux réalités agricoles africaines et de faciliter leur adoption par les producteurs.

Nadjahatou BAGUIRI

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