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COMMANDE PUBLIQUE : Le Bénin ouvre un nouveau marché aux produits locaux

Depuis le 4 septembre 2026, les administrations et entités publiques béninoises sont tenues de privilégier l’approvisionnement local pour huit catégories de produits. La mesure, portée par une circulaire du ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Médénou, offre un débouché supplémentaire aux producteurs agricoles et aux unités de transformation, notamment dans les filières vivrières et agroalimentaires.

Référencée n°213/MEF/DC/SGM/DNC/Sp-c, la lettre circulaire, diffusée le 10 septembre par l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), impose aux administrations de recourir à des fournisseurs nationaux habilités pour plusieurs catégories de biens. Une orientation qui place directement la commande publique au service du tissu productif national. Parmi les huit familles concernées, l’agroalimentaire occupe une place importante. Les céréales et leurs dérivés, notamment le gari, le maïs, le mil, le riz local, le fonio, le sorgho, le haricot, l’attiéké et les cossettes d’igname, sont concernés. Il en est de même pour les oléagineux et leurs dérivés, dont les huiles d’arachide, de palme et de sésame, la pâte d’arachide et le beurre de karité.

Les boissons produites localement figurent également dans le dispositif. Les administrations pourront ainsi s’approvisionner auprès d’entreprises ou d’artisans nationaux pour des produits tels que les jus de gingembre, d’ananas, de mangue, de bissap ou de baobab, ainsi que pour les eaux minérales. À ces produits agroalimentaires s’ajoutent notamment les articles d’hygiène, les textiles et uniformes…

La mesure ne constitue pas une simple recommandation. À chaque étape du marché public, de l’expression du besoin jusqu’à la réception de la commande, le recours à un fournisseur national habilité devra être justifié. Une administration souhaitant importer un produit pourtant inscrit sur la liste devra obtenir une autorisation préalable du ministre de l’Économie et des Finances.

Le dispositif s’appuie par ailleurs sur le Répertoire des prix de référence, qui précise les caractéristiques techniques et les normes de qualité attendues. La liste des produits pourra également évoluer en fonction des capacités de production et de transformation locales.

Pour les producteurs et transformateurs, notamment les petites unités rurales, cette nouvelle orientation représente donc une opportunité commerciale considérable. Mais elle impose aussi un défi : garantir des volumes suffisants, une qualité constante et une régularité d’approvisionnement. C’est sur cette capacité à répondre durablement aux exigences de la commande publique que se mesurera l’impact réel de cette préférence accordée aux produits locaux.

Moudachirou ALIOU

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