TAMIMOU GBODO : Un pépiniériste très ambitieux

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Il a 27 ans et est célibataire sans enfant. Son amour pour l’environnement et plus particulièrement les plantes l’a amené à opter pour le métier de pépiniériste. Tamimou Gbodo comme c’est de lui qui il s’agit a été rencontré dans sa pépinière située en face de la forêt municipale de Parakou. Il nous a tout dit sur sa vie et son métier. Lisez plutôt…

Par Jacques D. BOSSE

Tamimou Gbodo n’a fait que la classe de première. Sans soutien étant issu d’une famille pauvre, il a été contraint d’abandonner l’école en 2013. Depuis 7 ans grâce à sa passion pour les plantes et les encouragements de ses proches, il s’adonne à la pépinière. « Je suis devenu pépiniériste grâce à mes amis agronomes et mon frère qui est dans le domaine du maraîchage. J’adore tellement les plants. C’est ça qui m’a motivé à progresser » a-t-il confessé.

Dans la pépinière de Tamimou, on retrouve plusieurs types de plants

« Je produis trois types de plants : forestiers, les ornementaux, et les arbres fruitiers. Pour les plantes forestières, il s’agit du Mélina, du teck, les plants d’anacardier greffés ou sélectionnés etc… Les ornementaux, ce sont des fleurs pour décorer les maisons. Et les arbres fruitiers sont comme leurs noms l’indiquent des arbres qui produisent des fruits tels que les manguiers, les goyaviers … » a-t-il précisé. En ce qui concerne la période où se pratique l’activité, Tamimou Gbodo confie : « On démarre nos pépinières à partir de décembre. En janvier, nous préparons des plants greffés pour que nos clients puissent les acheter à temps, au mois de juin, en début de saison pluvieuse ». La pépinière se fait beaucoup plus en saison sèche. Pas pour autant qu’elle disparaît en saison pluvieuse. Les pépinières existent belle et bien en période de pluie mais dans une moindre proportion comparée à la saison sèche. Les pépiniéristes sont souvent embêtés par les pluies et préfèrent réduire leur activité en cette période de l’année. Le pépiniériste et ses difficultés

La principale difficulté à laquelle sont confrontés Tamimou et ses collègues pépiniéristes est la disponibilité de l’eau.  « Nous avons un problème d’eau sur le périmètre » résume-t-il, avant d’ajouter : « Nous arrosons les plants chaque trois jours au lieu de tous les jours. Nous avons creusé des fosses qui puissent contenir de l’eau pour l’entretien de nos plants mais c’est insuffisant ». Outre ce problème d’eau, les pépiniéristes ne disposent pas de financement pour développer leur activité. Pire, l’activité est devenue moins rentable ces dernières années avec la morosité économique ambiante dans le pays. Conséquence, Tamimou Gbodo et ses pairs n’ont eu d’autres choix que de réduire les prix des plants pour parvenir à exister sur le marché. Face à toutes ces difficultés, Tamimou Gbodo lance l’appel que voici aux autorités municipales et à l’État central : « Nous leur demandons de porter un regard sur notre activité surtout nous les jeunes. Pour le moment, nous n’avons pas encore eu d’appui fiable qui puisse nous permettre de nous en sortir malgré nos différents appels ». En attendant la réponse des autorités, les pépiniéristes de Parakou comptent s’organiser en leur propre sein pour mieux défendre leurs intérêts. Tamimou Gbodo qui lui est déjà à la tête d’un groupement de pépiniéristes, et ses collègues, projettent convoquer très prochainement une assemblée générale. Une rencontre extraordinaire à la fin de laquelle, ils mettront en place un bureau exécutif chargé de mettre en application leurs différentes politiques et capable d’intervenir auprès des autorités.

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