Bénin / Interdiction de l’importation d’œufs de table et de poulets congelés à compter de 2024 

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Que devient l’arrêté interministériel de 2005 ?

Importer des œufs de table et des poulets congelés ne sera plus chose possible à partir du 31 décembre 2024 au Bénin. Annonce faite par le Ministre de l’agriculture en marge d’une rencontre avec un groupe de producteurs de soja le 17 avril 2023. Si la mesure est à saluer, elle a tout de même de quoi surprendre quand on sait qu’il existe déjà un arrêté dans ce sens et qui jusqu’ici peine à être mis en application.

« A partir du 31 décembre 2024, plus aucun œuf, plus aucun poulet congelé ne va renter au Bénin. Ça veut dire que nous n’allons plus importer ». Ainsi annonçait d’un ton ferme le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, le lundi 17 avril 2023 à Doumè, un village de la commune de Savalou dans le département des Collines au Bénin, la prochaine fin de l’importation des œufs de table et des viandes congelées de poulets. L’objectif de Gaston Cossi Dossouhoui et donc du Gouvernement béninois en optant pour cette politique protectrice serait de promouvoir la filière avicole notamment les ¨poulets bicyclettes¨ (race indigène de volaille rustique et résistante). Une vision sommes toutes louable et saluée par les aviculteurs qui y voient enfin le chemin de jouir convenablement de leur profession. Cependant, l’existence d’un cadre légal dans ce sens et qui jusqu’aujourd’hui n’est jamais véritablement mis en œuvre, appelle à se poser des questions sur la réelle volonté de l’exécutif à lutter efficacement contre ce commerce illicite, si l’on s’en tient aux textes. En effet, un arrêté interministériel datant du 13 décembre 2005 sous le régime du Président Mathieu Kérékou encore non abrogé interdisait déjà temporairement l’importation, la distribution et le transit des volailles, parties et abats de volailles congelés, poussins d’un jour, œufs et aliments de bétail en provenance des pays infectés de grippe aviaire. Cet arrêté serait pris dans un double souci de préserver la santé des consommateurs et de développer l’aviculture au Bénin.  Le même arrêté toujours en vigueur, a d’ailleurs été rappelé en juillet 2020, à travers un autre arrêté interministériel signé des Ministres de l’Economie et des Finances, de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche ainsi que de celui de l’Industrie et du Commerce d’alors. Mais là où le bât blesse c’est que cet arrêté n’a jamais été véritablement respecté sur le terrain depuis bientôt 20 ans qu’il a été pris. Hormis les quelques rares cas d’arrestation et de destruction de ces produits interdits, nous observons tous les jours, la forte présence des œufs et viandes de poulets congelées sur nos marchés. Et parfois même, au nez et à la barbe des services de douanes, de la police et du ministère de l’agriculture chargés de mener la lutte. Certains aviculteurs n’hésitant alors pas à les accuser d’être de mèche avec les importateurs. Dans un tel contexte, faut-il croire qu’à compter du 31 décembre 2024 les œufs et viandes de poulets congelés n’auront plus droit de cité au Bénin ? Qu’en sera-t-il alors de l’arrêté de 2005 ? Nous attendons les réponses dans un an et demi pour aviser. Mais en attendant, ces produits impropres pour la plupart, continuent d’être consommés par les béninois au périple de leur santé et au détriment des producteurs locaux.

Selon les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad), le Bénin a importé en 2021, environ 115 mille 800 tonnes de viandes et abats comestibles, frais, réfrigérés ou congelés des volailles pour une valeur de près de 60milliards de francs Cfa…    

              Jacques D. BOSSE Contact : 95795555

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