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TECHNIQUES DE PRODUCTION DE LA LAITUE EN PÉRIODE D’HARMATTAN : ‎Le combat des maraîchers de Malanville face aux défis climatiques


‎‎À Malanville, dans le département de l’Alibori, la production maraîchère est fortement influencée par les conditions climatiques. La période de l’harmattan, marquée par un vent sec, une forte fraîcheur et un soleil intense, constitue de véritables défis pour les producteurs de laitue. Pourtant, cette saison coïncide avec les fêtes de fin d’année, période où la demande en légumes frais, notamment la laitue, augmente considérablement sur les marchés.
‎Pour mieux comprendre les réalités de cette production en période difficile, notre rédaction a rencontré un maraîcher biologique basé à Malanville, qui partage son expérience et ses techniques de production de la laitue en période d’harmattan.

‎‎Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Yessoufou Abdoul Fadel, maraîcher biologique à Malanville. Je fais du maraîchage sur plusieurs sites de production, dont le plus grand est situé dans le quartier Wolo, avec d’autres parcelles à Tastigui. Je produis principalement la laitue, le piment et quelques autres légumes, en privilégiant des méthodes respectueuses de l’environnement.

‎‎Comment se manifeste l’harmattan dans votre zone de production ?

‎Dans la zone de Malanville, l’harmattan est très intense. Il se caractérise par une grande sécheresse, des vents violents et une fraîcheur remarquable. Ces conditions affectent directement la laitue : les feuilles deviennent sèches, la croissance ralentit et de petites maladies peuvent apparaître.

‎‎Quelles sont les effets sur votre activité de production ?

‎L’une des principales difficultés reste l’accès à l’eau. Pendant l’harmattan, l’arrosage doit être renforcé afin de maintenir l’humidité du sol, parfois jusqu’à trois ou quatre fois par semaine. Lorsque le champ est vaste, cela nécessite beaucoup de main-d’œuvre, ce qui augmente les charges de production et demande une présence constante au champ.

‎‎Quelles techniques utilisez-vous pour faire face à ces contraintes climatiques ?

‎La production repose avant tout sur une bonne préparation du sol. L’utilisation de compost et de fertilisants biologiques fabriqués à partir de matières organiques, notamment la fiente de poulet et les déjections animales, permet d’enrichir la terre. Le sol est ensuite couvert de paille afin de conserver l’humidité et de limiter l’évaporation de l’eau.

‎‎Pouvez-vous expliquer le cycle de production de la laitue ?

‎La production commence par une pépinière qui dure entre 20 et 25 jours, après laquelle les plants sont repiqués. Selon le type de sol et les conditions climatiques, la laitue atteint sa maturité en un à deux mois. Une laitue prête à être récoltée se reconnaît à sa taille, à sa forme et à l’épaisseur de ses feuilles.

‎‎Comment protégez-vous vos cultures contre le vent de l’harmattan ?

‎Pour réduire l’impact du vent, des casiers d’environ un mètre carré sont utilisés, ce qui facilite la circulation de l’air sans casser les plants. La culture associée est également pratiquée, avec l’intégration du maïs, du gombo ou de la tomate, qui servent de brise-vent naturel et contribuent à la protection des cultures.

‎La période des fêtes influence-t-elle la production et la commercialisation de la laitue ?

‎‎La période des fêtes correspond à une forte demande de laitue sur les marchés. La production s’écoule rapidement et les prix connaissent une hausse. Toutefois, cette pression peut parfois affecter la qualité du produit, certains producteurs ayant recours à des produits chimiques pour accélérer la croissance, ce qui donne des laitues fragiles et moins résistantes.

‎Quel message avez-vous à l’endroit de vos pairs en cette période sensible ?

‎Il est important de produire selon ses capacités, de renforcer l’arrosage et d’assurer un bon suivi contre les insectes, sans compromettre la santé du consommateur. La qualité doit toujours primer sur la quantité, surtout en période de forte demande comme les fêtes de fin d’année.

‎‎Un mot de conclusion…

‎La production de la laitue à Malanville en période d’harmattan demeure un véritable défi. Elle exige rigueur, patience et adaptation. C’est un équilibre délicat entre contraintes climatiques, pression du marché et quête de qualité, mais avec de bonnes techniques, il est possible d’y faire face.


‎Olivia LIMA

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