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ZOOM : À la découverte de l’Union Nationale des Aviculteurs Professionnels du Bénin (UNAP-Bénin)

Face aux enjeux de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de développement des chaînes de valeur agricoles, l’aviculture s’impose progressivement comme l’un des secteurs les plus stratégiques de l’économie béninoise. Derrière cette dynamique se trouve un acteur fédérateur : l’Union Nationale des Aviculteurs Professionnels du Bénin (UNAP-Bénin). Créée à l’initiative des producteurs pour défendre leurs intérêts et accompagner la professionnalisation de la filière, cette organisation s’est imposée comme la principale faîtière des aviculteurs du pays.

Créée officiellement le 8 février 2008 à Cotonou, l’Union Nationale des Aviculteurs Professionnels du Bénin est née dans le cadre du Programme d’Appui au Développement de l’Aviculture Moderne (PADAM). À cette époque, les producteurs éprouvaient déjà le besoin de se doter d’une organisation forte, capable de fédérer les différents acteurs de la filière, de défendre leurs intérêts auprès des pouvoirs publics et de promouvoir une aviculture moderne, compétitive et durable.

Près de deux décennies plus tard, cette vision est devenue une réalité. Basée à Abomey-Calavi, l’UNAP-Bénin est aujourd’hui la principale organisation faîtière de l’aviculture béninoise. Elle assure la représentation des producteurs auprès des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations professionnelles nationales et internationales.

Depuis février 2024, l’Union est présidée par Blaise Sèton, dont le mandat court jusqu’en février 2029. Les réformes statutaires de 2022 puis de 2025 ont permis de moderniser le fonctionnement de l’organisation, avec un allongement de la durée des mandats, passée de trois à cinq ans.
À la tête de l’Union Nationale des Aviculteurs Professionnels du Bénin se trouve un Conseil d’Administration élu par l’Assemblée Générale, organe suprême de décision. Cette assemblée est composée de délégués représentant les huit classes d’aviculteurs, définies selon la taille des exploitations. Le Conseil d’Administration fixe les grandes orientations stratégiques, tandis qu’un Comité de Contrôle veille à la bonne gouvernance. La gestion quotidienne est assurée par une Direction Exécutive dirigée par Brice Hounsou.

Aujourd’hui, l’UNAP-Bénin rassemble plus de 1 200 aviculteurs professionnels répartis dans les douze départements du pays. Pour assurer une présence de proximité, l’organisation est structurée en dix coordinations géographiques couvrant l’Atlantique-Littoral, l’Ouémé, le Plateau, le Zou, les Collines, le Mono, le Couffo, le Borgou-Alibori, l’Atacora et la Donga. Chaque coordination est animée par trois responsables chargés d’assurer le lien permanent entre les producteurs et les instances dirigeantes.

Cette forte implantation territoriale permet à l’organisation de rester au plus près des préoccupations des éleveurs, qu’il s’agisse de la production, de la santé animale, de la commercialisation ou encore de l’accès aux intrants.
La crédibilité acquise au fil des années dépasse désormais les frontières nationales. L’Unap-Bénin est membre de la Fédération des Unions de Producteurs du Bénin (Fupro-Bénin) ainsi que de la Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin. Elle siège également au Conseil d’Administration de la Confédération des Organisations Africaines pour le Développement de l’Aviculture (Cada), ce qui lui permet de participer aux réflexions sur le développement de l’aviculture à l’échelle du continent.

Au-delà de son rôle de représentation, l’organisation accompagne quotidiennement ses membres afin d’améliorer leurs performances techniques et économiques. Cet accompagnement porte sur plusieurs domaines essentiels.
Les producteurs bénéficient régulièrement de formations sur les bonnes pratiques d’élevage, la biosécurité, la prévention des maladies aviaires, l’alimentation animale, la gestion des exploitations et la professionnalisation des activités.

L’Unap-Bénin œuvre également à faciliter l’accès des producteurs aux intrants. Grâce au Programme National de Développement de la Filière (Pndf-ot), certains producteurs peuvent acquérir des poussins d’un jour à coût réduit. L’organisation dispose également d’un Service Intrants qui permet à ses membres de s’approvisionner en matières premières subventionnées destinées à la fabrication de provende, notamment le tourteau de coton, le tourteau de soja, le son de blé ou encore les coquilles d’huîtres.

Pour améliorer l’efficacité de ses interventions, l’Union a constitué une base de données régulièrement actualisée de ses membres. Cette base facilite l’identification des bénéficiaires lors des différents projets et permet aux partenaires d’identifier rapidement les exploitations répondant aux critères des programmes d’appui.
L’accès au financement constitue également une priorité. Des discussions sont engagées avec plusieurs institutions financières afin de proposer aux producteurs des crédits mieux adaptés aux réalités de l’activité avicole.
Malgré ces avancées, la filière avicole béninoise reste confrontée à plusieurs difficultés majeures qui freinent son développement.
Le premier défi concerne le coût élevé des intrants, notamment les poussins d’un jour, les aliments pour volailles et les matières premières entrant dans leur fabrication. Cette situation réduit considérablement la rentabilité des exploitations.
Le deuxième défi concerne l’accès au financement. Les mécanismes de crédit existants répondent encore insuffisamment aux besoins des producteurs, les échéances de remboursement étant souvent incompatibles avec les cycles de production avicole.
La santé animale demeure également une préoccupation permanente. Les élevages restent exposés à plusieurs maladies telles que Newcastle, Gumboro ou encore l’influenza aviaire. Si des progrès ont été enregistrés en matière de biosécurité, son application demeure encore inégale selon les exploitations.
À ces contraintes s’ajoutent la concurrence des produits importés, la faible structuration des circuits de transformation et de commercialisation, l’insuffisance de statistiques fiables sur la filière ainsi que le manque d’actions de communication pour promouvoir la consommation des produits avicoles locaux.

Parmi les autres enjeux majeurs figure la régulation des importations de produits avicoles. L’Unap-Bénin poursuit également ses actions en faveur du renforcement des capacités des producteurs. Elle accompagne notamment le projet de formation de 1 000 jeunes en aviculture porté par l’Agence Nationale pour l’Emploi (Anpe) à travers le Projet d’Inclusion des Jeunes (ProDI).

L’organisation collabore également avec plusieurs partenaires techniques et financiers. Ces partenariats permettent de renforcer les compétences des producteurs sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production des aliments pour volailles jusqu’à la transformation, la commercialisation, la couvaison et les prestations de services.

Interlocuteur privilégié du Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, l’Unap-Bénin participe activement aux réflexions sur les politiques publiques en faveur du développement de la filière. L’organisation a notamment contribué à la mise en place du Cadre de Concertation de la Filière Œufs de Consommation et entend poursuivre son plaidoyer afin que les préoccupations des producteurs soient davantage prises en compte dans les futures politiques agricoles.

À moyen et long terme, l’Union affiche l’ambition de construire une aviculture béninoise moderne, compétitive et capable de répondre durablement à la demande nationale en œufs et en viande de volaille. Pour y parvenir, elle entend poursuivre la professionnalisation des exploitations, renforcer la structuration des producteurs, améliorer leur accès aux marchés et favoriser l’émergence de véritables Pme agricoles. « L’aviculture n’est plus un métier de subsistance. C’est une véritable activité économique créatrice de richesses et d’emplois », affirme Brice Hounsou.

Au-delà des défis, l’Unap-Bénin poursuit sa marche avec la conviction que l’avenir de l’aviculture repose sur une meilleure organisation des producteurs, des investissements soutenus et une collaboration renforcée entre l’État, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du secteur privé. En renforçant la compétitivité de la production locale, l’organisation entend faire de l’aviculture un véritable levier de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de développement économique au Bénin.

Nadjahatou BAGUIRI

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