PROJET D’APPUI AU DÉVELOPPEMENT DU MARAÎCHAGE (PADMAR): Redonner espoir aux maraîchers Béninois

Face aux défis de la sécurité alimentaire, de la création d’emplois en milieu rural et des effets du changement climatique, le maraîchage s’impose comme un secteur stratégique pour le développement agricole du Bénin. Afin d’accompagner cette dynamique, le Gouvernement du Bénin, avec l’appui du Fonds international de développement agricole (Fida), a mis en œuvre le Projet d’Appui au Développement du Maraîchage (Padmar). Depuis son lancement, cette initiative contribue à moderniser les systèmes de production, améliorer les revenus des exploitants et renforcer leur résilience face aux aléas climatiques. Au fil des années, le Padmar s’est imposé comme un levier majeur de transformation de la filière maraîchère béninoise.
Lancé en 2017 dans le cadre du Programme-cadre des interventions du Fida en milieu rural (ProCaR), le Padmar vise trois objectifs principaux : améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, réduire durablement la pauvreté en milieu rural et accroître les revenus des exploitations maraîchères grâce à des systèmes de production plus performants et plus résilients.
À son démarrage, le projet intervenait dans 27 communes réparties dans les départements de l’Atlantique, du Littoral, du Mono, du Couffo, de l’Ouémé, du Plateau et du Zou. Les résultats obtenus et l’intérêt suscité auprès des producteurs ont conduit à l’extension progressive de ses activités. Aujourd’hui, le Padmar couvre 54 communes, offrant à un plus grand nombre de maraîchers l’accès à ses différents appuis.
L’approche du projet ne se limite pas à l’amélioration de la production. Elle englobe toute la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation, en passant par la transformation, le stockage, la conservation, le conditionnement et l’accès aux marchés. Cette vision intégrée permet de renforcer durablement la compétitivité de la filière.
Pour mettre en œuvre ses activités, le projet travaille en étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, les communes, les organisations professionnelles agricoles, les services techniques déconcentrés, les institutions financières ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers. Le Fida demeure le principal partenaire financier du projet.
Le renforcement des capacités constitue l’un des piliers de cette intervention. Des milliers de producteurs sont régulièrement formés aux bonnes pratiques agricoles, à la gestion durable des sols, à la maîtrise de l’eau, à la gestion des exploitations, à l’utilisation raisonnée des intrants et aux techniques modernes de production. Ces formations favorisent la professionnalisation des exploitations et l’amélioration de leur productivité.
Le projet accorde une attention particulière aux jeunes et aux femmes, qui représentent une part importante des bénéficiaires. Plus de 6 500 jeunes ont déjà été formés et équipés dans les différentes chaînes de valeur maraîchères afin de faciliter leur insertion professionnelle et de promouvoir l’entrepreneuriat agricole. Les femmes, très présentes dans les activités de production et de commercialisation, bénéficient également d’un accompagnement spécifique destiné à renforcer leur autonomie économique.
L’accès aux équipements modernes constitue un autre axe d’intervention. Le projet encourage l’adoption de technologies innovantes capables d’améliorer les performances des exploitations tout en réduisant leur vulnérabilité face aux changements climatiques.
Parmi les innovations introduites figurent la production sous serre et la culture hors sol. Ces techniques permettent de mieux maîtriser les conditions de production, d’augmenter les rendements, de limiter certaines maladies et de produire des légumes de qualité tout au long de l’année.
Le Padmar favorise également l’utilisation de variétés végétales plus résistantes aux effets du changement climatique. Douze variétés résilientes ont déjà été mises à la disposition des producteurs afin d’améliorer les rendements tout en réduisant les pertes liées aux aléas climatiques.
Dans la même dynamique, le projet encourage l’utilisation des biofertilisants pour préserver la fertilité des sols et réduire progressivement la dépendance aux engrais chimiques. Il accompagne aussi l’installation de systèmes d’irrigation solaire, offrant aux producteurs une meilleure maîtrise de l’eau tout en diminuant leurs coûts énergétiques.
L’innovation environnementale se traduit également par l’installation d’unités pilotes de biodigesteurs, notamment dans la commune de Sèmè-Podji. Ces équipements transforment les déchets agricoles en biogaz utilisé comme source d’énergie et produisent des fertilisants organiques destinés aux exploitations maraîchères.
Au-delà des innovations techniques, le projet investit dans les infrastructures indispensables au développement de la filière notamment la construction d’infrastructures de stockage, de conditionnement et de commercialisation. Ces aménagements contribuent à réduire les pertes post-récolte, à améliorer la qualité des produits et à renforcer la compétitivité des exploitations sur les marchés.
Le projet accompagne aussi les producteurs dans la recherche de débouchés. En facilitant les relations entre maraîchers, commerçants, transformateurs et acheteurs institutionnels, il favorise une meilleure valorisation des productions et une augmentation des revenus des exploitants.
Afin de garantir l’efficacité de ses interventions, le Padmar s’appuie sur un dispositif de suivi-évaluation qui permet de mesurer les résultats obtenus et d’adapter les actions aux réalités du terrain. Cette démarche favorise une meilleure prise en compte des besoins des producteurs et une utilisation optimale des ressources mobilisées.
Les résultats enregistrés à mi-parcours de l’année 2026 témoignent de l’impact du projet sur le développement de la filière maraîchère. Selon les conclusions de la mission conjointe de supervision du Gouvernement du Bénin et du Fonds international de développement agricole (Fida), le Padmar affiche un taux d’exécution physique cumulé supérieur à 80 %.
Le projet compte désormais près de 30 000 bénéficiaires directs, dont une majorité de femmes. Plus de 60 % d’entre eux ont amélioré leur situation économique grâce à l’accroissement de leurs capacités de production, à un meilleur accès aux équipements et aux marchés, ainsi qu’à la diversification de leurs activités. Ces performances traduisent les progrès accomplis dans la professionnalisation des exploitations maraîchères.
Le PADMAR représente aujourd’hui un investissement global d’environ 28 milliards de FCFA. Financé principalement par le Gouvernement du Bénin et le FIDA, il est mis en œuvre sur une période de sept ans. Sa clôture a été prorogée jusqu’en décembre 2028 afin de permettre l’achèvement des infrastructures en cours, la consolidation des acquis et la poursuite des activités dans les nouvelles communes bénéficiaires.
En juillet 2026, une mission conjointe de supervision du Gouvernement et du Fida a permis d’évaluer les progrès réalisés, d’identifier les contraintes persistantes et de formuler des recommandations destinées à accélérer la mise en œuvre des activités restantes. Cette mission a confirmé les avancées enregistrées tout en mettant l’accent sur la nécessité de renforcer certains investissements pour maximiser les retombées du projet.
À moyen et long terme, le PADMAR ambitionne de consolider les acquis et de faire du maraîchage un secteur plus compétitif, inclusif et résilient. Le projet entend poursuivre la modernisation des exploitations, faciliter l’accès aux innovations, améliorer les infrastructures de production et de commercialisation et favoriser l’émergence d’entreprises agricoles capables de répondre durablement aux besoins des marchés nationaux et sous-régionaux.
Au-delà des infrastructures réalisées et des appuis techniques apportés aux producteurs, le Projet d’Appui au Développement du Maraîchage s’affirme aujourd’hui comme un véritable moteur de transformation de l’agriculture béninoise. En améliorant les revenus des exploitants, en favorisant l’emploi des jeunes et des femmes, en encourageant les innovations agricoles et en renforçant la résilience des systèmes de production face aux changements climatiques, il contribue à faire du maraîchage un pilier de la sécurité alimentaire, de la création de richesses et du développement économique du Bénin.
Nadjahatou BAGUIRI



