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RÉFORMES DANS LES LYCÉES TECHNIQUES AGRICOLES DU BÉNIN : À la découverte des dix nouvelles filières de formation

L’agriculture béninoise se transforme et cette mutation passe aussi par la formation des jeunes. A partir de l’année scolaire 2026-2027, le Gouvernement béninois élargit l’offre de formation professionnelle dans les Lycées techniques agricoles avec l’introduction de dix nouvelles filières. Destinées à répondre aux besoins du marché de l’emploi et aux réalités des chaînes de valeur agricoles, ces formations conduisant au Diplôme de Technicien aux Métiers (Dtm) couvrent plusieurs domaines, de l’élevage à l’aquaculture, en passant par les productions végétales, l’arboriculture et la valorisation des ressources agricoles.

Parmi les nouvelles formations proposées figure l’aviculture, la cuniculture et les élevages non conventionnels. Cette filière ouvre les portes des élevages de volailles et de lapins, mais aussi de productions moins conventionnelles comme l’escargoticulture et l’élevage d’aulacodes. Les apprenants sont appelés à maîtriser les techniques modernes de conduite des élevages, depuis l’alimentation jusqu’à la reproduction et au suivi sanitaire. La formation vise également à leur donner les compétences nécessaires pour gérer des unités de production de manière durable et rentable. À la sortie, plusieurs possibilités s’offrent à eux : création et gestion de fermes, conduite d’élevages modernes, transformation et commercialisation de viandes et d’œufs, ou encore emploi au sein de projets agricoles et de services d’encadrement.

Dans le domaine de l’élevage, la filière élevage de bovins et de petits ruminants vient également renforcer l’offre de formation. Elle prépare les jeunes à intervenir dans la production de lait, de viande et de différents produits dérivés. L’accent est mis sur les techniques modernes d’alimentation, de reproduction et de santé animale, mais également sur la gestion des exploitations. L’objectif est de favoriser l’émergence d’éleveurs professionnels capables d’améliorer la productivité de leurs troupeaux et de mieux gérer leurs exploitations. Les diplômés pourront notamment devenir éleveurs professionnels, chefs d’exploitation, techniciens agricoles ou encore s’investir dans la transformation des produits laitiers et carnés.

À côté des bovins et des petits ruminants, l’élevage de porcins constitue une autre possibilité offerte aux jeunes. Cette formation s’intéresse aux différentes étapes de la conduite d’un élevage porcin moderne. Alimentation, reproduction, biosécurité, santé animale et gestion des unités d’élevage constituent les principaux axes d’apprentissage. Au-delà de la maîtrise technique, la formation met en avant la rentabilité et la durabilité des exploitations. Les jeunes formés pourront ainsi créer ou gérer des fermes porcines, entreprendre dans la production et la transformation de la viande de porc ou travailler comme techniciens d’élevage.

Des étables aux plans d’eau, la formation agricole s’ouvre également aux métiers de l’aquaculture. La filière pisciculture et aquaculture prépare les apprenants à la production de poissons et d’autres espèces aquatiques. Ils devront notamment maîtriser les techniques d’élevage, l’alimentation des poissons, la gestion des plans d’eau ainsi que le contrôle sanitaire. La formation ouvre des perspectives dans la création et la gestion de fermes piscicoles, la conduite d’écloseries et la commercialisation des produits aquacoles. Elle peut également conduire à des emplois dans des projets et programmes intervenant dans le secteur.

La filière horticulture vivrière et ornementale s’intéresse notamment à la production de légumes et de plantes ornementales. Les apprenants seront formés à la gestion des pépinières, à l’irrigation et aux techniques modernes de production. Les pratiques agroécologiques et les méthodes de commercialisation font également partie des compétences à acquérir. Cette orientation permet de préparer les jeunes à différents métiers, notamment ceux de maraîcher, pépiniériste, aménageur d’espaces verts, paysagiste ou fleuriste. Elle offre aussi la possibilité de créer des entreprises dans le secteur horticole.

Dans les champs, la production céréalière et légumineuse constitue une pratique quotidienne, parfois banale mais constitue pour le pays une filière stratégique. Désormais, dans les lycées techniques agricoles, des programmes de formation y sont entièrement consacrés. Ils concernent spécifiquement, les cultures vivrières telles que le maïs, le riz, le soja et le niébé. Les apprenants sont préparés à maîtriser les techniques permettant d’assurer une production qualitative et durable. L’ambition est de former des techniciens capables de contribuer à l’amélioration de la productivité des exploitations et à la professionnalisation des activités agricoles.

Les débouchés concernent notamment la production agricole moderne, la gestion d’exploitation, le conseil agricole et la transformation des produits. À travers cette formation, les jeunes peuvent ainsi se positionner sur des cultures essentielles à l’alimentation et à l’économie nationale.

Autre domaine directement lié à la sécurité alimentaire, la production de racines et tubercules met en avant des cultures telles que le manioc, l’igname, la patate douce, la pomme de terre et le taro. Ces productions occupent une place importante dans l’alimentation des populations et représentent également une source de revenus pour de nombreux producteurs. La formation ne se limite pas à la production. Elle prépare aussi les apprenants aux possibilités de valorisation et de transformation des récoltes. Ils pourront notamment s’orienter vers l’agro-transformation ou la gestion d’unités spécialisées dans la production de gari, de tapioca ou de farine. La filière ouvre ainsi la voie à une meilleure valorisation des productions locales et à la création de valeur ajoutée.

Le secteur du coton et des fibres naturelles n’est pas oublié. La filière production de plantes à fibres et textiles prépare les jeunes aux techniques de production et de transformation des plantes à fibres, notamment le coton. Les enseignements portent sur les méthodes culturales, la récolte, le traitement et la valorisation des fibres au sein des chaînes de valeur textiles. À travers cette formation, les apprenants sont appelés à mieux comprendre les différentes étapes allant de la production agricole à la valorisation industrielle des fibres naturelles. Les débouchés peuvent se situer dans les métiers de technicien agricole, d’encadrement des producteurs, mais aussi dans les secteurs agricole, industriel et textile.

La production fruitière, forestière et des produits forestiers non ligneux constitue la neuvième filière. Elle place les jeunes au croisement de l’agriculture, de la foresterie et de la protection des ressources naturelles. Les apprenants sont formés pour contribuer à la reforestation, au développement des chaînes de valeur fruitières et à la gestion durable des terres et des ressources forestières. Cette orientation ouvre notamment des possibilités dans les activités de pépinière, la production fruitière, les métiers de technicien forestier et l’entrepreneuriat dans le secteur vert. Elle répond ainsi à un double enjeu, développer des activités économiques tout en favorisant une gestion durable des ressources.

Enfin, la filière palmier à huile et cocotier vient compléter cette nouvelle architecture de formation. Elle prépare les apprenants aux techniques modernes de production et d’entretien de ces deux cultures, mais également à leur valorisation. Les notions de durabilité, de transformation locale et de gestion des plantations occupent une place importante. Les futurs professionnels pourront notamment devenir exploitants de plantations, techniciens de production végétale ou transformateurs d’huile de palme et de coco. L’entrepreneuriat agro-industriel et les emplois dans les projets agricoles figurent également parmi les débouchés envisagés.

À travers ces dix nouvelles filières, le Gouvernement entend rapprocher davantage la formation professionnelle des besoins réels du secteur agricole et du marché du travail. Le choix des domaines proposés traduit une volonté de couvrir plusieurs maillons des chaînes de valeur, de la production à la transformation, en passant par l’élevage, l’aquaculture et la gestion des ressources naturelles. Il ne s’agit donc plus seulement de former des jeunes à la pratique agricole, mais de leur permettre d’acquérir des compétences susceptibles de déboucher sur un emploi salarié ou sur la création de leur propre activité.

Nadjahatou BAGUIRI

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