Zone Economique Spéciale de Glo-Djigbé : Une chance pour l’agriculture béninoise

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C’est un secret de polichinelle et tous les experts s’accordent à le reconnaître ; aucun pays ne peut réellement accéder au développement sans un tissu industriel dynamique, gage d’une croissance économique soutenue et inclusive. Le Bénin l’a enfin bien compris. En témoigne la création par le Gouvernement Talon de la Zone Economique de Glo-Djigbé. Un espace de plus de 1600 hectares dans la commune d’Abomey-Calavi pour mettre un terme à l’exportation brute des matières premières.

Tout est parti du vote d’une loi fixant le régime des zones économiques spéciales en République du Bénin en 2017 et la signature d’un accord de partenariat avec le groupe Arise en novembre 2019 pour l’aménagement, le développement et l’exploitation de cette zone. Ensuite, le décret numéro 2020-062 du 05 février 2020 portant création de la Zone Economique de Glo-Djigbé a été pris. Ainsi, le gouvernement a sonné le glas de la métamorphose socioéconomique du Bénin avec pour corollaire l’amélioration du niveau et de la qualité de vie des citoyens.

1640 hectares pour faire du Bénin un hub industriel

La Zone Economique de Glo-Djigbé   est conçue pour être un parc industriel moderne, respectueuse des normes environnementales et sociales les plus élevées et destinée à fournir des services aux différentes industries, notamment les industries de transformation de noix de cajou ; les industries de filature et de tissage du coton ; les industries de fabrication de vêtements ; les industries agroalimentaires ; les industries dans le secteur du bois, etc. En clair, le Bénin veut désormais transformer ses matières premières sur son sol pour donner vie à son économie. D’ailleurs il ne sera bientôt plus possible d’exporter certains produits du Bénin. A titre illustratif, un décret signé en mars 2022 interdit l’exportation des noix de cajou brutes du pays à compter du 1er avril 2024. Le Bénin, un des plus gros producteurs de noix de cajou dans la sous-région produit annuellement 150 mille tonnes de la noix de cajou et pour l’instant, seulement 10 pour cent de cette production est transformée au niveau local. Une anomalie que le projet de Glo-Djigbé compte bien corriger. Ainsi, dix usines actuellement en cours d’installation dans la zone permettront la transformation de cette matière première en produit fini à destination du marché international.  Après le décorticage des noix, l’huile sera extraite des coques pour être utilisée dans les industries de la peinture et de l’aéronautique puis les résidus issus seront transformés en charbon bio, preuve que la ZesG est un parc zéro déchet. Le cajou n’est pas le seul produit agricole concerné. La même politique sera appliquée pour le coton, le karité, l’ananas, le soja et tous les autres spéculations produites à grandes échelles afin de capter de manière beaucoup plus importante la plus-value de l’agriculture béninoise.  Plusieurs objectifs justifient la création de la ZesG promouvoir et attirer les investissements plurisectoriels de type agricole, industriel, commercial et de services en favorisant l’implantation d’unités de production ; soutenir et aider les investisseurs à créer une unité industrielle de fabrication pour créer des produits à valeur ajoutée ou pour fournir des services, afin d’accroître les exportations et réduire la dépendance du Bénin vis-à-vis des importations ; développer la zone logistique comprenant notamment des entrepôts, des parcs à conteneurs, un marché de terminaux, qui, en tant que partie de la Gdiz, répondra aux besoins logistiques des unités et des utilisateurs et gérera, de manière exclusive, le trafic des camions à l’intérieur dans le but de favoriser le développement industriel. A terme, il s’agit de faire du Bénin un hub industriel conformément au Programme d’Action du Gouvernement (Pag).

Des milliards de dollars de revenus à l’exportation, des centaines de milliers d’emplois crées et une économie plus résiliente aux chocs exogènes.

Les avantages de la Zone Economique de Glo-Djigbé seront énormes sur l’économie béninoise. On notera en premier, une contribution significative aux exportations et au Produit Intérieur Brut (Pib). Selon les prévisions, les exportations du Bénin connaîtront une augmentation de 5 à 10 milliards de dollars et le Pib du pays va accroître de 4 à 7 milliards de dollars d’ici dix ans. Six unités industrielles de transformation de fibre de coton d’une capacité totale de 100 mille tonnes, 29 unités industrielles de confection de vêtements, 14 unités industrielles de transformation de noix de cajou d’une capacité totale de plus de 150 mille tonnes et dix unités industrielles de tout type ont déjà manifesté leur intérêt de s’installer dans cette zone et y sont attendues dans les cinq prochaines années selon un article publié en 2021 sur le site du Gouvernement. En termes de création d’emplois, 300 mille à 350 mille postes sont à pourvoir dans cette zone d’ici 2030 dont 100 mille rien que dans la transformation de la noix de cajou. Ce qui devrait réjouir les populations de l’arrondissement de Glo-Djigbé qui seront les premiers bénéficiaires des retombées socioéconomiques de ce projet de grande envergure. L’autre conséquence directe de la Gdiz est qu’elle permettra au Bénin de développer une économique beaucoup plus résiliente surtout dans un contexte où l’économie internationale subit de pleins fouets des chocs tels que la crise du coronavirus, la guerre russo-ukrainienne, la cherté des produits de grande consommation ou encore les effets néfastes du terrorisme.

Démarrés en 2021, les travaux de construction de cette zone économique avancent à grands pas sur le terrain. La transformation structurelle de l’économie béninoise est donc plus que jamais engagée à travers cette infrastructure d’envergure. 

                                                                                                          Jacques D. BOSSE

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