Le bien qui dérange

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La panacée est-elle enfin trouvée à ce bien qui dérange si tant ? Assurément non. Faudrait-il encore que la mauvaise foi des acteurs et décideurs soit débrayée. C’est un leurre de penser régler ce problème de terrain à coups de décisions signées dans des salles climatisées. C’est dans les champs, donc sur le terrain de la mise en œuvre, de la surveillance que nous sommes attendus aux côtés des agriculteurs et de leurs alter egos éleveurs.

La transhumance n’est pas seulement le mal dénoncé dans les communications politiques observées dans les couloirs de l’hémicycle ou de la Marina. Il faut comprendre que ce n’est juste une question de découpages, voire de couloirs. C’est bien de réfléchir aux divisions en latitude nord de la commune de Dassa-Zoumè réservée aux seuls troupeaux d’éleveurs nationaux établis au Bénin d’une part et celle de la seconde qui va de la latitude sud de la commune de Glazoué s’étendant jusqu’aux frontières nord de notre pays réservée aux mêmes cheptels. Mais cela ne suffit pas. Il faut de l’accompagnement socioculturel, de la présence sur le terrain, de la justice non corrompue.

Voilà, des mesures énergiques attendues des dirigeants depuis des années, qui devraient réellement permettre de limiter considérablement les effets pervers du phénomène de la transhumance. La prévention doit être activée sur le terrain et non seulement dans les textes chantés à la télévision. Car, sur les terres emblavées, des bétails circulent sans frontière, ni autorisation ni ménagement hors des latitudes préalablement tracées.

Les têtes de bœufs viennent de partout et les postes de frontières officiels ne sont pas les vraies entrées. Les milliers de kilomètres que nous partageons avec les pays voisins servent mieux à cela. Et quand un bœuf est abattu ou un cultivateur agressé, l’esprit de vendetta s’observe de part et d’autre. Or je le répète, la symbiose est ici de mise. Juste l’entretenir en bonne intelligence avec le bon sens de la sociabilité humaine. La transhumance n’est pas le mal. Ce sont les hommes qui manquent de raisonnement. La terre arable a toujours eu besoin des crottes pour se régénérer. C’est là un fertilisant naturel, gage d’une agriculture bio qui nous épargne des dépenses liées aux soins du cancer dus aux intrants chimiques excessivement employés. C’est aussi là, la chaine alimentaire qu’on ne saurait rompre. D’ailleurs, l’aspect socio-culturel écarte toute possibilité de parler d’une quelconque sédentarisation en face d’un nomadisme naturel. La cohabitation relève de l’intention divine et les hommes doivent trouver la bonne parade pour réussir ce défi saisonnier.

Par Richard ADODJEVO

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