Jardin scolaire dans la ville de Parakou : Le centre des sourds fait école

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Situé au quartier Tibona, dans le premier Arrondissement de la ville de Parakou, le centre des sourds de Parakou est doté d’un jardin scolaire. L’initiative est appuyée par l’ONG Mutsu hito,une organisation qui s’y investit.

Par Vivien ZANOU

Il sonne 17h30’ au centre des    sourds de Parakou ce dernier samedi du mois de février. L’astre du jour s’éclipse lentement. Des écoliers et pensionnaires du centre s’activent autour de la pompe à motricité humaine de l’école. Ils se dirigent, les arrosoirs remplis d’eau, vers des planches étalées à quelques mètres de la pompe. L’école dispose d’un jardin scolaire sous la supervision de Juste Agbangla. Ce dernier, responsable de l’ONG Mutsu Hito, les accompagne dans cette initiative depuis peu.

Des origines de l’initiative

Cela fait déjà un an qu’il s’était lancé dans cette aventure d’accompagnement des écoliers. L’objectif du projet est d’initier les enfants à la pratique du jardin scolaire : « Je travaillais alors dans une ONG à Natitingou quand il m’est venu à l’idée le projet de réaliser des jardins scolaires ». Il a fallu un premier contact avec les élèves sourds de Parakou pour que se dessine clairement son projet : « Je suis handicapé auditif, c’est son école. A son inscription, j’ai remarqué l’engouement qu’ils avaient de faire du jardin scolaire. Les résultats n’étaient pas reluisants alors j’ai voulu apporter mon expertise en la matière » explique ce responsable d’ONG.

Les activités menées au jardin

Il mobilise les enfants, pour s’occuper de leur jardin des activités supplémentaires, extra éducative. Désherbage, dessouchages, sarclages et l’arrosage quotidien s’inscrivent désormais dans les différentes activités qu’ils mènent au sein dudit centre. Mais ce n’est pas sans peine. Les animaux en divagation envahissent souvent l’enceinte du centre où ils s’attaquent aux cultures. Les écoliers, autour de la pompe à motricité humaine, généralement en duo sur la manivelle exercent une forte pression. Elle est située à environ 10 m du jardin et nécessite tant d’énergies physiques pour son utilisation que les enfants se fatiguent vite malgré leur volonté à aller au bout. Les quelques arrosoirs dont ils disposent laissent échapper l’eau de façon incontrôlée. Les houes, binettes et machettes sont également dans des états de dégradations très avancées. Le bilan en matériels et en équipements n’est certes pas reluisant mais ils s’organisent tant bien que mal pour y arriver.

Les bénéfices du jardinage scolaire…

Aujourd’hui, ce jardin regorge de plusieurs cultures maraichères. On y voit de l’amarante, la grande morelle « gboma », la laitue, la courgette, le gombo, la pastèque mais également des maïs de contre saison. Elles permettent ainsi de réduire des dépenses alimentaires aux responsables du centre, vu qu’il est doté d’une cantine scolaire. C’est à juste titre que la directrice, madame       DossouYovo qui reconnait que : « C’est d’une grande utilité pour nous, parce qu’il nous sert pour la nutrition des enfants. Sans le jardin, nous aurons des difficultés parce qu’il faut aller tous les jours acheter des légumes au marché ce qui nécessite des coûts en carburant, en temps et autres. ».

Les perspectives…

Au-delà de l’intérêt pécuniaire que procure le jardin, il faut noter le côté formateur. Il permettra aux enfants de s’auto prendre en charge à l’âge adulte. Béatrice Elégbédé, trésorière du Bureau Ape, souligne la précarité du marché de l’emploi et soutient que cette initiative est un palliatif au chômage explosif. Quant à Juste Agbagla, il croit fermement que ces activités agricoles permettront aux apprenants à l’avenir d’avoir leur propre jardin, pour la consommation domestique.

S’il y a des vœux immédiats que chacun des acteurs de ce centre fait, c’est de pérenniser ce jardin scolaire. Et au-delà, qu’il fasse école pour d’autres centres de formation. Mais pour y arriver, il faudra, doter l’école d’une clôture ou tout au moins, un enclos pour le jardin, d’une source d’eau adaptée à la production maraichère, ainsi que des équipements appropriés.

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