UTILISATION DES ENGRAIS CHIMIQUES DANS L’AGRICULTURE : NADIA ELHADJI BOUEYE PROMEUT LES ENGRAIS BIOLOGIQUES COMME ALTERNATIVE

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Face aux effets néfastes de l’agriculture intensive aussi bien sur le sol que sur l’homme, certaines organisations prônent désormais l’agriculture biologique. Une méthode de production agricole qui, contrairement à l’agriculture productiviste se refuse d’utiliser les engrais chimiques pour booster le rendement. Dans ce numéro de votre journal, nous recevons pour vous Nadia Elhadji Boueye, Directrice Exécutive de l’Organisation Non Gouvernementale (Ong) Ola Africa, une Ong qui fait la promotion de l’agriculture biologique et qui va plus loin en formant des jeunes et des femmes dans cette forme de l’agriculture.

Propos recueillis et transcrits par Jacques D. BOSSE

Agri Impact : Présentez-nous tout d’abord l’ONG OLA AFRICA
Nadia Elhadji Boueye : OLA AFRICA est une ONG qui intervient dans l’équité genre et la sécurité alimentaire. En ce qui concerne l’équité genre, elle s’est donnée comme objectif d’autonomiser nos femmes rurales, nos jeunes sans emploi en leur apprenant un métier qui leur permettrait immédiatement d’avoir une rémunération ; donc des activités génératrices de revenus. C’est dans cette optique que nous avons commencé par les former depuis 2012. La structure a été créée en novembre 2010 mais on a commencé les activités après 2011. Depuis ces années-là, on les forme dans la production maraîchère directement sur nos sites. On a un site à Kika, un à Sébou et un autre à Kikparé dans la commune de Tchaourou. Donc nous leur montrons comment faire la production bio. Nous attaquons ainsi notre domaine d’intervention qu’est la sécurité alimentaire. Nous avons constaté que sur le marché ce que nous mangeons ne sont que des aliments chimiques, constitués d’engrais chimiques et on utilise l’herbicide et tout le reste. Donc nous sommes devenus des producteurs paresseux. Alors nous faisons l’effort de contribuer un peu à améliorer cette paresse entre griffe en demandant à nos jeunes femmes rurales et à nos jeunes sans emploi de produire des aliments qui vont nous donner une plus longue durée de vie
Comment se passe concrètement la formation sur le terrain ?
On a dans notre équipe des formateurs bien aguerris qui sont spécialisés dans la production maraîchère. Nous faisons spécifiquement le maraîchage. Nous demandons à nos cibles de suivre cette formation ; certains durant trois mois puisqu’ils doivent être là au début de la culture et à la fin et voilà que les cultures telles que la tomate prend trois à quatre mois. Il y en a qui font six mois, d’autres un an, le temps d’apprendre beaucoup de choses. A la fin de cette production, comme nous sommes reconnus également par l’Agence territoriale de développement agricole 4 (Atda4) de notre département, ils nous ont également demandé de voir comment récupérer les productions parce qu’il y a assez de producteurs dans le maraîchage mais beaucoup ne trouvent pas de débouchés. Donc on a beau apprendre à nos femmes et à nos jeunes le maraîchage bio, ce n’est pas évident qu’ils trouvent de débouchés pour leurs produits s’ils vont sur le marché. Donc on nous a dit de trouver une autre formule pour leur permettre de vendre ça plus rapidement. En cherchant la formule à utiliser, nous avons retenu celle de la transformation et de la conservation. C’est dans ça que nous avons émis l’idée d’aller transformer notamment les produits maraîchers notamment la tomate fruit en pate de tomate. Nous avons notre formule, rien que du bio où on produit et on conserve cette tomate dans les bouteilles avec la même durée de vie que la tomate en boite que nous avons sur le marché. Donc nous sommes en train au même moment de lutter contre la production chimique et nous sommes également en train de lutter contre la consommation des tomates en boite.
Est-ce à dire que vous ne produisez que de la tomate ?
Nous faisons beaucoup plus la tomate parce que c’est l’élément crucial dans la cuisine d’un ménage. C’est l’élément qui est plus recherché pour faire la cuisine. C’est pourquoi nous l’avons priorisée. Mais nous faisons l’oignon, du piment, du légume et plein d’autres choses.
Vous êtes aussi impliqués, au-delà de la production et de la transformation, dans la commercialisation. Comment tout ça se passe ?
Bien évidemment si tu veux montrer à ceux que tu formes que tes produits s’écoulent et qu’ils peuvent faire du maraîchage un métier, c’est que toi-même tu peux écouler. Également c’est une organisation non gouvernementale, il nous faut de ressources pour pouvoir entretenir les formateurs, entretenir les locaux où nous donnons les formations. Et on s’est dit mais pourquoi ne pas également mettre en pratique ce que nous enseignons aux apprenants, leur montrer que ça se vend ? C’est comme ça qu’on a commencé par faire la commercialisation, aussi bien de la tomate fruit quand on fait la production, et également beaucoup de la tomate transformée et conservée. Nous faisons également des jus puisque nos apprenants ont demandé à avoir d’autres types de formation. Nos jus et notre purée de tomate sont d’ailleurs certifiés déjà par la structure qui a été diligentée ou habilitée à le faire, notamment l’ABSSA. Nous faisons l’effort de suivre les normes de qualité, les normes de sécurité alimentaire pour que ceux qui consomment puissent vraiment finir de consommer et garder leur santé. Nous faisons des jus de fruit de baobab, d’ananas, de bissap, de gingembre et de citron.
Quels sont le mode et les critères de recrutement ?
Tu es jeune, scolarisé ou non, on te prend. Souvent nous faisons nos formations pendant les vacances. Parce qu’il y en a qui sont scolarisés, qui finissent leurs études et qui se cherchent. Donc ceux qui sont avertis apprennent déjà le métier. Ils savent que quand ils vont finir, ils ne vont pas attendre d’être recruté avant de gagner leur pain. C’est dire que nous prenons tous les jeunes qui désirent être formés. Nous prenons principalement les femmes qui sont désœuvrées à la maison. C’est à ces femmes-là surtout que nos formations sont dirigées. On les accueille beaucoup plus et ça leur permet d’avoir une activité qu’elles peuvent mener en étant à la maison. En ce qui concerne le recrutement, on passe les annonces au niveau de la presse, au niveau des écoles, des mairies, des arrondissements et au niveau de notre siège qui est au quartier Wansirou à Parakou. Ceux qui ont l’information viennent, s’inscrivent et on lance la formation.
Quels sont les défis de l’ONG OLA AFRICA pour le futur ?
Bien évidemment c’est d’être sollicité par d’autres communes et d’autres pays pour ces formations. Le défi, c’est que sur le marché qu’on ait que de l’alimentation saine. Que des produits qu’on doit mettre dans nos alimentations soient fabriqués chez nous. Que nous puissions vivre beaucoup plus longtemps et que les maladies cessent de nous atteindre. Qu’on soit moins régulièrement malade.
Votre mot pour conclure cet entretien
Ensemble on pourrait atteindre l’objectif de sécuriser notre alimentation et de sécuriser également l’avenir de nos enfants, leur permettre de grandir en bonne santé afin qu’ils nous fassent de petits enfants en bonne santé aussi.

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