COMMERCIALISATION PRÉCOCE DE NOIX D’ANACARDE

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Des magasins de stockage fermés dans le Borgou

La Direction départementale de l’industrie et du commerce (Ddic) du Borgou et de l’Alibori a procédé à la fermeture pur et simple des magasins contenant des stocks de noix d’anacarde à Parakou et Tchaourou entre autres. C’est l’une des méthode de sanction des acteurs de la filière anacarde qui se sont entêtés pour mener une campagne de commercialisation précoce sur le terrain malgré les divers avertissements.

Pour décourager les acteurs concernés et avertir les autres sur les répercutions encourues, la Direction départementale de l’Industrie et du Commerce (Ddic) du Borgou et de l’Alibori est passée à la vitesse supérieure. Le mardi 27 février 2024, elle a procédé à la mise sous scellés une dizaine de magasins dans lesquels étaient déjà entreposés des stocks de noix d’anacarde à Kassouala et à Tchaourou centre dans la commune de Tchaourou notamment. L’opération a été effectuée lors d’une descente sur le terrain suite à des vérifications menées sous la supervision du directeur départemental, Rufus Sarè en personne.

L’objectif est de faire respecter la réglementation en vigueur au Bénin, en matière de commercialisation au niveau de ladite filière. Ceci est pour préserver selon lui, la qualité et le label de la noix d’anacarde du Bénin soient sauvegardés. C’est aussi pour limiter les infractions liées, surtout à l’exploitation de magasins clandestins installés dans des emplacements douteux et mettre fin à la commercialisation précoce.

Pour Léonard Mitokpè, chef des activités industrielles à la Ddic Borgou-Alibori, les opérations d’achat et de stockage des noix d’anacarde qui s’observent un peu partout dans les différentes localités du Borgou avant le lancement officiel de la campagne, sont contraires à la règlementation en vigueur au Bénin. «Seul le lancement officiel de la campagne donne l’assurance que le produit est arrivé à maturité pour être commercialisé» a-t-il affirmé. Les opérations d’achat qui se déroulent actuellement sont précoces et ne garantissent pas des produits de bonne qualité pour être commercialisés. Il est donc interdit de les déplacer vers les magasins, insiste-t-il.

Pour Ibrahim Boukari, président de la Fédération nationale des acheteurs des produits tropicaux (Fenapat), des acheteurs étrangers qui ne remplissent pas les conditions requises envahissent déjà le terrain. « La campagne n’est pas encore ouverte, et certains ont déjà commencé par la mettre en difficulté, en amenant les produits vers d’autres pays comme le Togo et le Nigeria. Ce qui, au regard des investissements qui ont été faits par l’Etat béninois pour apporter une valeur ajoutée à nos produits, n’est pas normal», dénonce-t-il.
A en croire Ibrahim Boukari, à cette allure, les transformateurs présents sur le territoire national risquent de ne rien trouver le moment venu. «Avant d’être un acheteur, il faut avoir sa carte professionnelle en cours de validité » a -t-il notifié.

Notons que les informations concernant le prix plancher du kilogramme d’anacarde et les prévisions de récoltes ainsi que les perspectives de récoltes n’ont pas encore été révélées. Les producteurs vont devoir encore prendre patience pour pouvoir vendre librement leurs récoltes au mieux de leur intérêt et en fonction de l’évolution du marché afin de jouir de bénéficier pleinement des dispositions prises par le gouvernement pour permettre aux acteurs nationaux de profiter davantage de la filière.

Moudachirou ALIOU / Contact : 95795555

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