Pluies précoces ! Pluies tardives !

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Fin octobre et encore des pluies diluviennes tombent sur l’ensemble du territoire national. Du Nord au Sud, c’est le même constat pied dans l’eau et tête mouillée. Sur Parakou, la vitrine du septentrion, il pleut des cordes et pareil sur toute la région. Alors que d’habitude, en ces temps, on attend subir la froideur de le harmattan, c’est plutôt des cordes du ciel qui se déversent sur les plantations. Le constat est identique sur la partie méridionale du pays où sévit sans ménagement la petite saison des pluies. Ainsi, c’est la galère pour les populations, tous secteurs d’activités confondus. Si pour les plus intéressés, les producteurs, il eut un sourire de bonne récolte au départ, tous ont fini par déchanter, tant les dégâts sur leurs cultures sont énormes. L’eau censée les féconder et permettre aux plants de croître dans de bonnes conditions, occasionne malencontreusement leur destruction. Du coup, les promesses de récoltes abondantes cèdent place à l’amertume et à la désillusion.
Les experts ont indexé à ce propos les conséquences des changements climatiques. C’est le cas du Dr. Bokonon Ganta, directeur du laboratoire ClimET-Up qui annonçait dans l’une de nos précédentes parutions que « l’État a déjà souscrit, dans le cadre de la COP 21, à un ensemble de mesures visant à donner plus d’importance à l’agriculture biologique et à la valorisation des résidus de récoltes ». Des mesures sans doute selon lui qui permettront de réduire l’impact du changement climatique à travers la faible émission du gaz à effet de serre et la maîtrise de l’élévation de la température. Son jeune homologue Brice ENAGNON SOHOU a -sur le même sujet des dérèglements implosés par la pluviométrie- annoncé depuis deux ans, dans un livre pour le compte du pôle de développement agricole n°4, de graves conséquences alimentaires eu égard aux souffrances des productions du coton et des céréales.
Au fond, pluies précoces ou tardives, les préjudices sont énormes pour la sécurité alimentaire des populations. Le maïs, le riz, le soja, l’arachide et des tubercules dont le manioc, l’igname plus produits dans le pôle dessus-cité subissent les affres. Tardives, elles sont également mauvaises pour la récolte du haricot noyé dans les champs inondés.
Comme solution, il urge que l’Etat et les entrepreneurs agricoles aménagent des rétentions d’eau pour pouvoir à volonté irriguer leurs cultures. L’eau est source de vie. C’est même une bénédiction de la nature pour laquelle les hommes et femmes d’ici sont prêts à tous les sacrifices. On ne devrait donc pas trop s’en plaindre quand elle ruisselle. Mais à condition, de s’assurer de sa bonne maitrise pour ne pas souffrir d’une météo en crise continue.

Par Richard ADODJEVO

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